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dimanche 1 novembre 2009

Afghanistan : Un rapport alarmant de l'US Marines !




Ce dernier accrochage confirme un récent document de l’US Marines, réalisé à partir des “retex” de plusieurs engagements avec les talibans, qui met en évidence les progrès opérationnels des insurgés. Destinée à la préparation des commandants d’unités des Marines, l’étude souligne que, contrairement à l’Irak, où des engagements d’envergure ont été très rares depuis 2003, les forces américaines en Afghanistan peuvent se trouver au contact d’insurgés capables de disposer rapidement de renforts et bloquer les manœuvres d’une compagnie complète.

Au cours des dernières années, note le rapport, les talibans ont appris une réelle discipline de feu : économie et précision des tirs d’armes individuelles, d’une part, concentration des tirs d’armes lourdes et anti­chars contre les véhicules dotés d’armes d’appui, jugés les plus dangereux, d’autre part. Avec, dans ce dernier cas, la mise en place d'un responsable des armes lourdes chargé de la coordination des tirs de RPG.

Plusieurs des engagements débuteraient désormais par une salve de tirs de roquettes RPG-7 contre le même véhicule. Les talibans ont également appris à identifier les unités qui leur font face et à adapter leurs actions, évitant d’engager des embuscades sur les axes routiers contre des unités aguerries, pour se concentrer sur des convois logistiques, voire des unités nouvellement déployées.

Les insurgés réexploitent notamment certaines tactiques et sites d'embuscades déjà utilisés lors de l'invasion soviétique. Les analystes américains notent, par ailleurs, l’acquisition par les insurgés d’un savoir-faire tactique pour établir des positions défensives susceptibles de croiser leurs tirs et de se soutenir mutuellement lors de contre-attaques et de tentatives de débordements.

Les militaires américains soulignent l’efficacité de la protection offerte par les murs des habitations afghanes contre les tirs d’armes légères et des munitions de 12,7 mm, voire 20 mm. Des calibres parfois incapables de pénétrer les murs d’habitations utilisées comme positions de combats par les talibans.

Si les Marines soulignent la faiblesse des armements de 12,7 mm pour déloger des talibans d’une position, les munitions de 40 mm et les appuis aériens et d’artillerie sont, eux, jugés efficaces pour appuyer les mouvements. Lors d’engagements en terrain ouvert, les talibans ont également appris à utiliser les réseaux des canaux d’irrigations des cultures afghanes pour y bâtir des positions de combats et y manœuvrer, compliquant les mouvements offensifs.

Ce rapport des Marines souligne, par ailleurs, la capacité des talibans à monter des opérations de plus en plus complexes, engageant ponctuellement jusqu’à 300 hommes, comme en juillet 2008 contre la FOB américaine de Wanat, au Nouristan. Neuf militaires américains avaient été tués et 27 autres blessés lors de cette opération.

Cette efficacité accrue des insurgés pourrait constituer une tendance lourde pour le futur, avec l’arrivée annoncée de combattants qui se sont aguerris face aux forces pakistanaises. Selon une source proche des services de renseignement arabes, les responsables d'Al-Qaida tentent de reconstituer leurs propres groupes opérationnels, en recréant notamment les anciennes brigades arabes formées de combattants pakistanais et étrangers.

Dirigé par Abou Amam Al-Yamani après l’élimination, fin octobre 2008, de Khalid Habib al-Shami, lors d’une frappe aérienne au nord du Waziristan, ces djihadistes ont opéré, en 2008, contre les forces pakistanaises au Waziristan et dans la vallée de Swat. Ils seraient également intervenus ponctuellement en Afghanistan, aux côtés des talibans et du Hezb-e-Islami, notamment lors de l’attaque contre la FOB de Wanat et peut-être contre les Français à Uzbin.

Ces djihadistes auraient contribué, aux côtés des combattants pakistanais du Tehrik-e-Taliban, à la victoire de Bajaur, qui a permis l’application de la charia dans la vallée de Swat. Plusieurs communiqués des groupes pakistanais, qui se félicitent du succès remporté dans la vallée de Swat, «coordonné par Oussama ben Laden et Ayman al Zawahiri», évoquent déjà le transfert de combattants vers l’Afghanistan, pour la "libération du Khorasan".

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