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vendredi 6 novembre 2009

A Montreux, on célèbre aussi la mémoire des morts de 14-18



COMMÉMORATION | Le Monument aux morts des soldats alliés du cimetière de Clarens a tout juste 90 ans. Même s’ils ne fêtent pas l’armistice à la même date, Italiens et Français continuent de s’y recueillir en souvenir des disparus de la Première Guerre mondiale. Mais la relève n’est pas assurée.
© CHANTAL DERVEY | Le monument représente un soldat mourant et embrassant un drapeau, devant une stèle surplombée d’un coq.

Stéphanie Arboit | 02.11.2009 | 00:03
«Je suis venue pour mes compatriotes morts au combat. C’est la première fois que je participe et je suis très émue», confie Rosetta Fratiani, au bord des larmes. A l’image de cette habitante de Chernex, ils étaient environ huitante personnes à se joindre hier à la commémoration de l’armistice de la guerre de 14-18. La célébration se déroulait au pied du Monument aux morts des soldats alliés, au cimetière de Clarens, en présence d’autorités suisses et étrangères. L’occasion de fêter également cette année les 90 ans de cette grande statue, œuvre d’un sculpteur belge et d’un architecte français, tous deux venus se faire soigner à Montreux pendant la Première Guerre mondiale.
«En 1919, les Français ont donné de leur personne pour réaliser ce monument, explique Italo Fontana, à la tête de la Colonie italienne de Montreux et de la manifestation. En quelques mois, ils ont réuni 20 000 francs, une petite fortune!»
Le terrain a été offert pour l’éternité par ce qui était alors la commune du Châtelard, sur le territoire de laquelle se trouvait le cimetière. «Dans un article qui relate l’inauguration du 26 octobre 1919, les allocutions des autorités témoignent que c’était une période extrêmement touchante pour la population, qui a accueilli les internés de guerre, morts ici ou repartis chez eux», explique Eléonore Rinaldi Lecciso, archiviste de la ville.
Une émotion encore bien présente en 2009, et doublée d’un impératif de mémoire. «Je n’aime pas trop les cérémonies, mais, là, il faut absolument entretenir le souvenir», témoigne Liliane Daniello, venue sur le conseil d’une amie.
«Se rappeler de ceux qui luttent pour la paix»
Les habitants de Montreux n’ont visiblement plus de liens de parenté avec les 42 Français, les 32 Italiens et les 7 Belges inhumés sous le carré militaire. Si ce n’est la famille Giovanna: une des filles du fondateur de la plus vieille entreprise montreusienne – sur sol de la commune depuis 1875 – est enterrée là. Amanda Giovanna est morte en Italie, alors qu’elle travaillait comme infirmière pour la Croix-Rouge.
Mais la dimension historique n’est pas le seul élément qui attire les personnes devant le monument. «Il ne faut pas oublier ceux qui luttent pour la paix à travers le monde aujourd’hui, comme l’a rappelé le consul d’Italie», souligne Rosetta Fratiani.
Passée et présente, cette mémoire se déclinera peut-être difficilement au futur: la relève n’était pas au cimetière, hier. «Les jeunes ne viennent pas non plus au cercle italien. Ils n’ont pas notre besoin d’appartenir à la communauté italienne», constate Rosemarie Milici.
Rendez-vous est pris malgré tout pour l’an prochain. A la même date? «Les Français fêtent l’armistice le 11 novembre et les Italiens le 4. Il faut trouver une date autour de cette période», sourit Italo Fontana.

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