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BIENVENU SUR LE BLOG DE L'ASSOCIATION DES TITULAIRES DU TITRE DE LA RECONNAISSANCE DE LA NATION ET DU CIVISME ET DÉVOUEMENT SECTION SUISSE.
« Personne n'est assez fou pour préférer la guerre à la paix : dans la paix, les fils ensevelissent leur père ; dans la guerre, les pères ensevelissent leurs fils. » Hérodote



dimanche 26 décembre 2010

Anciens Combattants dispositif des soins médicaux gratuits!

le Fondement Juridique 

Dès la fin de la première guerre mondiale,l'Etat a mis en oeuvre un dispositif d'intervention publique permettant d'exprimer la solidarité nationale et de sauvegarder l'ensemble des intérêts matériels et moraux des anciens combattants , des victimes de la guerre et depuis 1990 , d'actes de terrorisme . 
Ce dispositif , fondé sur la loi du 31 mars 1919 et sur le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre ( CPMIVG) reconnaît un droit à réparation par l'Etat aux victimes de tous faits de guerre et de service, dont la mise en oeuvre était assuré jusqu'à présent , par les services du ministère chargé des anciens combattants (notamment les directions interdépartementales des anciens combattants -DIAC) 
Le droit aux soins médicaux fgratuits et aux prestations d'appareillage visés aux articles L 115 et L 128 du CPMIVG représente l'un des axes majeurs du droit à réparation . 
L'aricle L 115 du CPMIVG dispose : 
"L'Etat doit gratuitement aux titulaires d'une pension d'invalidité attribuée au titre du présent code les prestations médicales , paramédicales , chirurgicale et pharmaceutiques nécessitées par les infirmités qui donnent lieu à pension , en ce qui concerne exclusivement les accidents et complications résultant de la blessure ou de la maladie qui ouvre droit à pension". 
L'article L.128 du CPMIVG dispose :"Les invalides pensionnés au titre du présent code ont droit aux appareils nécessités par les infirmités qui ont motivé la pension .Les appareils et accessoires sont fournis , réparés et remplacés aux frais de l'Etat tant que l'infirmité en cause nécessite l'appareillage . 

L'appareillage est effectué sous contrôle et par l'intermédiaire de l'Etat .Il est assuré par les centres d'appareillage du ministère des anciens combattants et victimes de guerre .Le mutilé est comptable de ses appareils qui restent la propriété de l'Etat . 
Les modalités de l'appareillage sont fixées par instruction ministérielle . 

Notre association ANT-TRN pense qu'il est bon de faire ce petit rappel à l'heure où malheureusement
beaucoup de nos camarades en OPEX peuvent en avoir besoin et de leur dire que le droit à réparation est imprescriptible
 .

samedi 25 décembre 2010

jeudi 23 décembre 2010

Un Joyeux Noël et une Bonne Année !


Madame, Monsieur,

En ces temps de fin d’année et de festivités en famille, le Comité de l’ANT-TRN Suisse est particulièrement heureux de pouvoir adresser à ses Membres, ainsi qu’à leur Famille et Amis,


Un Joyeux Noël et une Bonne Année !


Nous vous adressons tous nos vœux de bonne santé, de bonheur, de douceur et de sérénité pour la Nouvelle Année, et espérons que celle-ci verra la réalisation de vos projets les plus chers.


Nous nous réjouissons de vous revoir à l’une de nos nombreuses activités et vous remercions pour votre fidélité.


Amicalement Vôtre
Le Comité.



mercredi 22 décembre 2010

Cote d'Ivoire : le COS en alerte à Ouagadougou

Le hasard des crises africaines fait bien les choses. Déployé à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, pour une éventuelle action contre AQMI au Mali, à la suite de l'enlèvement des Français au Niger, le détachement du Commandement des opérations spéciales (COS) est à pied d'oeuvre pour une intervention plein sud, en Cote d'Ivoire. 

Depuis plus de quinze jours, ce pays vit dans un "entre-deux" politique, avec deux présidents à Abidjan. Une situation qui pourrait se dégrader rapidement dans les prochaines heures, le camp Ouattara ayant décidé de descendre dans la rue ce jeudi. 

La Cote d'Ivoire compte environ 15.000 ressortissants français - même si certains ont préventivement quitté le pays pour les fêtes de fin d'année. En cas de violences, il faudrait procéder à leur évacuation, comme cela avait été le cas en 2004. Les hommes du COS sont spécialisés dans ce genre de mission délicate. D'un saut de Transall, ils pourraient être projetés de Ouaga. vers Abidjan. Où ils rejoindraient les 900 hommes de Licorne, qui opèrent aujourd'hui en appui des forces de l'Onuci (Nations unies).

mardi 21 décembre 2010

Un commando-marine tué en Afghanistan

Un second-maître du commando Trepel a été tué la nuit dernière au cours d'une opération spéciale en Afghanistan. Cet officier marinier était âgé de 28 ans. Un autre de ses camarades a été légèrement blessé. L'opération qui se déroulait dans la vallée de Bedraou consistait dans la fouille d'un bâtiment. 

Cette nouvelle perte porte à 52 le nombre de militaires français tués en Afghanistan, dont trois commandos-marine.

Les hommes du Commandement des opérations spéciales (Cos) sont revenus discrètement en Afghanistan en janvier 2010, après l'enlèvement de deux journalistes français toujours retenus en otage. Leur déploiement n'avait  pas alors été rendu public et ce blog, comme d'autres médias, avait cru bon de ne pas donner cette information, en concertation avec les autorités militaires. 

L'opération de cette nuit n'avait aucun lien avec la libération des deux otages français.

Selon l'état-major des armées, "au total, une cinquantaine d’hommes participait à cette mission.
Les militaires français ont été confrontés à un nombre important d’insurgés. Un appui aérien, d’hélicoptères français et américains ont appuyé la riposte du détachement français. Une vingtaine d’insurgés ont été tués au cours de cet accrochage".

Selon la Marine nationale, le commando tué est Jonathan Lefort, né le 17 avril 1982 à Ppmpey (Meurthe et Moselle). Engagé dans la marine en décembre 2000 , il est d'abord affecté  au Groupement de Fusiliers Marins de Brest.  Admis au stage commando en 2002, il sert à Jaubert entre octobre 2002 et août 2009.
En 2005, il participe aux opérations de contrôle des pêches dans la zone des Terres Australes et Antarctiques Françaises. Puis, il est déployé une première fois en Afghanistan, où il retroune en  2008,   à l’«Afghan Commando School ». Breveté « moniteur parachutiste », il rejoint le Commando Trépel en novembre 2009, avec lequel il retourne en Afghanistan pour la troisième fois. . 

2010, l'année la plus meurtrière en Afghanistan

ous ne sommes que le 20 décembre et 2010 détient déjà un triste record : ce sera l'année la plus meurtrière en Afghanistan, pour les soldats français comme ceux de la coalition. 

Les deux militaires tués vendredi et samedi portent à seize les pertes françaises cette année. Elles étaient de onze en 2009, onze également en 2008, l'année d'Uzbine, et quatorze au cours des quatre premières années de l'engagement.

Au niveau de la coalition, 700 hommes sont morts depuis le début de l'année, essentiellement américains (70%) et britanniques (15%), la France comptant pour un peu plus de 2% des pertes. Selon le site américain icasualties, qui fait référence, 2269 militaires de la coalition sont morts en Afghanistan, avec des chiffres qui augmentent d'année en année...

En 2008, j'ai publié un livre "Mourir pour l'Afghanistan" (Ed. Jacob-Duvernet) dont lequel je tentais de comprendre "pourquoi nos hommes tombent-ils là-bas ?" Deux ans plus tard, mes doutes sur cette guerre se sont encore renforcés. Ils me conduisaient alors à vouloir "trouver une porte de sortie et vite". L'urgence est toujours là et, malheureusement, force est constater que nous sommes accrochés aux basques des Américains,  seuls maîtres du calendrier. Certes, le président Obama est Prix Nobel de la Paix, mais est-ce suffisant pour éviter tout débat ? En France, le silence de l'opposition de gauche ou des intellectuels est impressionnant. Ainsi, le Parti socialiste estime que "le calendrier de retrait des forces françaises" doit être "coordonné (....) avec le désensagement américain".

mercredi 15 décembre 2010

Comment le Rafale est tombé en panne sèche au dessus de l'océan indien

Le  Rafale qui s'est écrasé en mer dimanche dernier a bien été victime d'une panne sèche : ses moteurs se sont arrêtés parce qu'il n'y avait plus de carburant ! Cette information, révelée sur ce blog dès mardi matin, est confirmée par trois de mes confrères : Bernard Bombeau d'Air et Cosmos, Aude Leroy d'Europe 1 et Jean-Marc Tanguy du Mamouth. Ils apportent des précisions supplémentaires sur le déroulement de l'incident, sur lequel les autorités navales continuent de garder un silence total. Les communications internet avec le porte-avions ont même été temporairement coupées pour l'équipage, sans doute afin d'éviter des fuites.

Sur la base de nos informations et de celles de mes confrères, tous trois excellents connaisseurs de la Défense, le scénario se précise. Voici, avec prudence, ce que l'on peut en dire cinq jours après les faits.
 
Moins d'un quart d'heure après le catapultage, un voyant signale un problème de carburant. Il s'agit en réalité d'une petite panne du système électronique, sans gravité immédiate, comme si la jauge de votre voiture ne fonctionnait plus alors que vous venez de faire le plein.
Le pilote décide légitimement de faire demi-tour pour revenir sur le porte-avions. Pour une raison liée aux manoeuvres à la mer, il doit attendre un peu, car le porte-avions ne peut le "ramasser" tout de suite. Pour se poser, il lui faut s'alléger suffissament  afin  d'accrocher sans dégât les brins d'arrêt de la piste. L'avion est alors lourdement chargé : deux gros réservoirs supplémentaires et plusieurs bombes. 
Pour s'alléger, il ne peut que se débarasser d'une partie de son carburant - une manoeuvre très courante. Il utilise ce que les aviateurs appellent le "vide-vite", qui permet, comme son nom l'indique, de vider vite. Le pilote vide donc ses réservoirs, ceux situés dans les ailes et les bidons accrochés sous la voilure. 

Pour une raison inconnue, le Rafale doit ensuite se ravitailler auprès d'un chasseur gréé en ravitailleur, surnommé "nounou". Malheureusement,  le carburant transféré est aussitôt rejeté dans l'air, à cause du vide-vite toujours en fonctionnement. La présence de réservoirs supplémentaires sous les ailes pourrait expliquer, partiellement, le problème. En effet, une fois le vite-vide des réservoirs percuté, ceux-ci ne peuvent plus se réfermer. Le carburant entre par un trou et ressort aussitôt par un autre... La seule manière de fermer le système est de larguer les réservoirs. C'est en tout cas ce que précise le manuel. Or le pilote ne l'a pas fait. Et le carburant s'est aussitôt volatilisé dans les airs...

On ignore encore si le pilote, son co-équipier de la patrouille ou la nounou, ont vu la chose se produire. Quoi qu'il en soit l'avion est tombé rapidement en panne sèche, conduisant le pilote à s'ejecter et l'avion à s'écraser dans l'océan indien. Un Rafale équipé coûte environ 70 millions d'euros.

Cette affaire suscite de vives suspicions dans le monde de la Défense. Les couteaux ne sont pas encore sortis et il se peut qu'ils restent finalement dans les poches. D'un côté, les marins assurent que le pilote n'est pas coupable et qu'il a fait ce que tout pilote aurait fait dans cette circonstance. De l'autre , les industriels affirment que l'avion n'est pas vraiment en cause et que les procédures, certes complexes, n'ont pas été rigoureusement suivies. Selon eux, un petit souci technique n'aurait jamais dû conduire l'avion à s'écraser.

Précisions : 
Un spécialiste nous précise que "sur le Rafale Marine (différent en cela du Rafale Air), on peut vider le carburant par un orifice sur le côté droit de l'avion. Il n'y a pas besoin de percuter les réservoirs sous la voilure pour vider le carburant. Lors des premiers vols sur le Rafale F1 (premier standard qui ne vole plus), des incidents avaient eu lieu, le vide-vite ne se fermant pas automatiquement. Celui-ci est géré par le "calculateur carburant" qui permet de vidanger le pétrole en surplus pour arriver à la masse d'appontage. Du coup, si ce calculateur (FADH) a oublié de couper le vide vite et que la fermeture manuelle ne fonctionne pas, la seul solution pour continuer à voler c'est de ravitailler en vol"

Une autre source nous précise ceci : "Après le largage du carburant, le calculateur a indiqué des réservoirs vides au lieu d'indiquer la masse d'appontage. Le pilote a demandé de réapprovisionner (en vol). Mais la trappe ne se referme pas et au fur et à mesure du remplissage, le carburant s'échappe en mer. Le caculateur aurait indiqué une masse vide. Il ne reste plus qu'une solution: s'éjecter
 L' enchainement de causes qui conduisent au crash est donc :
1 panne calculateur masse carburant
2 decision de réapponter
 Théoriquement, le pilote aurait pu se poser à terre sans encombre et sans vider ses réservoirs ou bien réapponter sur sa réserve après l'utilisation du vide vite. Mais il aurait consommé son carburant en décidant de réapprovisionner en vol."

mardi 14 décembre 2010

Djibouti : le "sentiment d'injustice" de la 13ème DBLE

Le transfert de la 13ème Demi-Brigade de Légion Etrangère (DBLE), annoncé sur ce blog, passe mal. Son chef de corps, le colonel Cyrille Youchtchenko le dit carrément dans son ordre du jour, dont nous avons eu connaissance. Cet officier parle "d'amertume légitime", d'un "sentiment d'injustice qui vous est difficilement supportable", "d'une remise en cause profonde de votre projet de vie", d'une "nouvelle épreuve" qu'il compare à celle de leurs anciens "lorsqu'ils ont quitté la terre d'Algérie"... Bref, ça coince sérieusement. L'officier prend quand même soin de dire à ses troupes qu'elles"releveront ce nouveau défi avec force et panache". 
La destination finale de la "13" n'est pas encore connue et la possibilité existe qu'elle soit transférée aux Emirats arabes unis.
 Rappelons que la "13" est l'une des rares unités de l'armée française qui est "Compagnon de la Libération". Un président qui va se recueillir sur la tombe du général De Gaulle et qui affirme être "gaulliste" peut-il laisser disparaître la "13" de Bir-Hakeim ?

lundi 13 décembre 2010

13ème DBLE : l'ordre du jour du chef de corps a été caviardié...


Image

Colonel Cyrille Youchtchenko
44ème chef de corps de la 13ème DBLE



13ème DBLE : l'ordre du jour du chef de corps a été caviardié...  (actualisé)



13ème DBLE : l'ordre du jour du chef de corps a été caviardié...  (actualisé)

"L'armée de terre : un outil coûteux, marginalisé, en perte d'efficacité ", par le colonel Jérôme Dupont

Le colonel Jérôme Dupont, qui a quitté l'uniforme le 2 septembre dernier, nous a fait parvenir cette tribune, que nous publions volontiers. 
Saint-Cyrien, il a servi dans la Légion étrangère, en terminant sa carrière comme chef de corps du 1er REC. Après avoir suivi les cours de l'Ecole de guerre britannique, il a été quatre ans au cabinet du ministre de la Défense, dans le très discret "bureau réservé". Il a quitté l'institution pour entrer dans une entreprise privée. Voici son texte, un peu long, certes, mais qui a vocation à ouvrir le débat sur ce blog ou ailleurs. (Credit photo : La Provence)

"S’adapter sans cesse au marché pour survivre. Voilà la réalité que je découvre en ayant rejoint tout récemment le monde de l’entreprise après vingt-cinq années passées dans l’armée de terre. Il faut scruter l’avenir, explorer le monde extérieur, modifier sans cesse ses structures et ses modes de fonctionnement pour, au mieux, anticiper les tendances de son secteur d’activité et, au moins, rester dans la course. Cette nécessité vitale mobilise les énergies, stimule l’imagination et génère une saine émulation.
L’armée de terre doit impérativement conduire cet exercice et s’adapter sans tarder au nouveau contexte opérationnel sous peine d’être balayé par le vent de l’histoire et des restrictions budgétaires. 
D’aucuns diront pourquoi attendre de quitter le bord pour s’exprimer sur ces questions ? Que chacun se rassure, je n’ai jamais hésité à faire valoir mon point de vue. Pourtant, depuis quelques mois, j’ai ressenti une réduction croissante de la réflexion prospective dans l’armée de terre au profit d’une discipline formelle rendue nécessaire en apparence pour soutenir nos unités engagées en Afghanistan et surtout pour éviter tout débat sur la stupide réforme des bases de défense qui casse les « corps de troupe » de l’armée de terre sans proposer d’alternative. Connaissant l’ardeur des jeunes officiers, mon espoir est que les générations montantes sauront relever le défi et que ce court article suscitera des réflexions et surtout une émulation interne, plus que jamais nécessaire. Il ya un vrai besoin de changement d’état d’esprit dans l’armée de terre, changement qui doit être porté par une dynamique interarmées et un engagement renforcé de la classe politique dans les affaires militaires. Car il faut bien que nos responsables politiques comprennent que les fonctions régaliennes de l’Etat sont les véritables points d’ancrage de leur légitimité, plus que la gesticulation médiatique et partisane.
La question centrale est plus que jamais : une armée de terre pour quoi faire ? Or c’est précisément la question qui n’a jamais été réglée sur le fond et qui risque dans un avenir très proche de revenir en boomerang au détriment d’un outil dont un pays comme la France ne saurait se priver.
La guerre des effectifs, la préservation des équilibres internes, la sauvegarde des carrières, la reproduction des modèles anciens, les rivalités interarmées et les enjeux autour des contrats d’armement sont autant de combats qui peuvent être nécessaires à court terme mais qui ne devraient jamais stériliser la réflexion de l’armée de terre au point d’en arriver à éluder les questions essentielles par un mécanisme d’autocensure plus que coupable.
La prochaine élection présidentielle constituera à n’en pas douter un tournant délicat à négocier pour l’armée de terre, source potentielle d’économies budgétaires, tout aussi vitales à l’avenir de notre pays que l’est la gesticulation diplomatico-militaire.
Si l’armée de terre ne construit pas son futur, il lui sera imposé par l’extérieur. Si l’armée de terre ne s’est pas posée les bonnes questions en amont, d’autres, moins compétents et parfois moins légitimes, les poseront et y apporteront des réponses qui ne seront pas nécessairement les bonnes.
Même si les temps sont durs, nous devons rester fermement convaincus que l’Armée de terre est un élément constitutif indispensable au rayonnement d’un pays comme la France et qu’au prix d’une adaptation profonde, les militaires ont les moyens de rester au cœur de la confrontation stratégique. Il convient par ailleurs de rappeler que ce type de démarche n’est pas nouveau et que l’outil militaire terrestre a déjà connu des périodes de changement radical qui n’ont pas fondamentalement altéré la pertinence de sa mission au profit de la collectivité nationale.

Un constat douloureux
Un outil en perte croissante d’efficacité
Au delà de la satisfaction légitime que l’Armée de terre déploie pour souligner la bonne tenue de ses unités en opération, la question de l’efficacité stratégique des engagements terrestres reste posée. Quel a été l’impact réel de l’armée de terre dans la gestion de la crise yougoslave ou de la crise ivoirienne? Notre déploiement libanais a-t-il une influence quelconque sur le cours des événements ? Que pouvons-nous faire face à l’actuelle crise des otages au Niger ? En quoi le sacrifice de nos soldats en Afghanistan va-t-il peser sur le dénouement d’un conflit qui nous dépasse largement ? Autant de questions dont les réponses objectives sont assez peu encourageantes. Même si une partie de la solution appartient au pouvoir politique, l’outil militaire terrestre doit être en mesure de proposer des mesures concrètes pour retrouver enfin « le chemin de la victoire »- ou tout au moins celui d’une efficacité opérationnelle porteuse de sens. Il est essentiel de sortir de la fausse alternative stratégique actuelle qui se résume par « en être ou ne pas être » pour redonner à l’action son caractère décisif pour « gagner ou ne pas perdre ». Car, même s’il faut se réjouir de la longue période de paix qui nous a évité de devoir confier nos destinées à nos soldats, il faut aussi reconnaître que l’armée de terre n’est plus un outil de décision capable de donner au pays, par sa seule action, un avantage stratégique incontestable.
Un outil coûteux
A l’heure de la faillite de l’Etat, le rapport coût-efficacité ne peut plus se résoudre à la seule idée d’assurance vie de la Nation. Limiter les dépenses publiques et réduire la dette deviennent en soi des objectifs stratégiques qui conditionnent l’avenir de la France. Dans un contexte peu propice aux investissements somptuaires, le modèle d’une armée de terre nombreuse et bien équipée n’est plus de mise. Il n’est plus possible de dimensionner et de financer un outil en fonction d’un modèle de conflit dont l’occurrence est quasi nulle à moyen terme. Il faut un modèle d’armée qui permette à la Nation d’obtenir un résultat concret pour chaque euro investi. L’ère du strict nécessaire impose de faire des choix qui n’ont jamais été faits jusque là. Pourquoi entretenir un outil militaire ? Quelles missions lui confier ? De quels équipements le doter ? Que rapporte le coût de nos engagements extérieurs à la communauté nationale ? Le combat budgétaire pour défendre le format actuel s’apparente de plus en plus à un combat d’arrière-garde dont on sait qu’ils sont ceux des causes perdues. Inefficace et coûteuse, la tentation est grande de pratiquer des coupes sombres et nul doute que l’échéance présidentielle de 2012 sera l’occasion de nouvelles économies.
Un outil marginalisé
Après la présomption de connaissance mutuelle entre l’armée de terre et la nation qui a caractérisé l’ère de la conscription de masse et qui a favorisé une forme d’antimilitariste sournois fondé sur des souvenirs plus ou moins plaisants de la vie de troupier, est venue l’ère de l’indifférence pour une institution qui vit en marge du pays, comme on porte un jugement sur un voisin poli et discret. Contrairement à une idée trop répandue, cette marginalisation n’est le fait ni du statut militaire, ni de la discipline encore moins des valeurs que peut véhiculer l’armée de terre. Il est le fait de l’indifférence des élites vis-à-vis de l’armée et de la marginalisation progressive des officiers qui ne font plus partie de la haute fonction publique. Cette marginalisation est le résultat désastreux de l’inefficacité relative des engagements armés et de la difficulté qu’ont les militaires de s’intégrer aux réseaux de pouvoir en comprenant la dimension éminemment politique de leur action. A cet égard, l’engagement afghan illustre bien le paradoxe de cette marginalisation : en voulant montrer un intérêt de façade envers nos soldats déployés sur la place, nos dirigeants les victimisent alors qu’il faudrait les glorifier et forger de nouveaux héros.
Une rupture stratégique majeure
La rupture stratégique actuelle n’est peut-être qu’une péripétie de l’histoire mais elle touche directement le cœur de l’armée de terre. La maîtrise de l’espace maritime et de l’espace aérien justifie l’existence d’une marine et d’une aviation. La maîtrise de l’espace terrestre ne saurait justifier à elle-seule l’existence de l’armée de terre qui se construit directement par rapport à une menace. L’ère des grandes guerres nationales (« ère westphalienne ») avait permis de formaliser un cadre de définition simple qui a, jusqu’à présent, structuré en profondeur l’armée de terre et qui n’a jamais été réellement remis en cause. Ce cadre codifie trois constantes de l’histoire que sont les phénomènes de violence collective, l’existence d’outils dédiés à l’usage de cette violence et les liens étroits qui existent entre entités politiques et violence collective : la guerre comme forme unique d’expression de la violence collective, l’armée comme seul acteur légitime pour employer la force et l’Etat comme ayant le monopole de la décision du recours à la force. Or ce cadre a littéralement volé en éclat. La violence collective s’exprime le plus souvent en dehors du champ étatique et les armées constituées n’en sont plus les uniques acteurs. Vouloir comprendre les conflits actuels avec les grilles de lecture anciennes conduit inévitablement à une impasse. Soit l’armée de terre conserve son ossature héritée du temps passé et elle se condamne elle-même à une obsolescence rapide soit elle comprend la profondeur des changements et elle entame une mutation salutaire pour rester l’outil de gestion de la violence collective dont la France a besoin.

Des propositions concrètes
Une armée de terre pour quoi faire ?
La capacité à gérer efficacement les phénomènes de violence collective reste la justification principale de l’existence de l’armée de terre. Or la conflictualité a beaucoup évolué et les capacités dont il faut avoir le courage de se doter pour y faire face sont bien différentes des outils jadis nécessaires pour contenir l’armée rouge. On conservera ici trois ruptures majeures qui ont des conséquences directes pour les choix structurels : la fin des engagements militaires purement nationaux, la remise en cause de la létalité comme unique moyen d’action et l’obsolescence des organisations militaires rigides face à la variété des conflits. Comment s’intégrer dans un environnement multinational ? Quels sont les modes d’action vraiment utiles ? De quels types de forces avons-nous besoins ? Comment optimiser le commandement et le soutien des opérations ? Est-il réellement nécessaire de disposer d’effectifs importants ? Il faut élargir la gamme des modes d’action tout en étant capable de déployer des unités taillées sur mesure avec une chaîne de commandement ad hoc. Cette nécessaire rénovation du potentiel « combattant » de l’armée de terre ne doit pas laisser de côté les autres justifications qui fondent son existence et qui étaient jusqu’à présent consubstantielles à sa mission principale. Ainsi, la participation au rayonnement de la France et le lien armée nation doivent être repensés et, pourquoi pas, faire l’objet de structures différenciées.
Un outil de gestion de la violence collective
La clef de l’efficacité militaire dans le contexte actuel est finalement de pouvoir disposer d’une capacité d’action élargie avec le minimum de moyens. Dans ce domaine, la réponse la plus efficace a été apportée par les forces spéciales qui ont su mettre sur pied des unités resserrées, polyvalentes et autonomes disposant de procédures de travail strictes et correctement formalisées et d’une organisation totalement adaptable avec une chaîne de commandement et de logistique allégée. C’est clairement vers ce modèle que l’armée de terre doit se diriger pour structurer ses unités opérationnelles. On peut identifier aisément trois axes de réflexion pour redessiner les contours d’un outil de combat entièrement projetable dont le volume total pourrait être ramené à moins de 50 000 hommes. 
L’augmentation de la masse critique et la diversification des unités tactiques de base : les unités élémentaires actuelles (compagnie ou escadron) sont « mono-tâche » et elles ne disposent pas de la taille critique suffisante pour agir efficacement dans la durée ; les structures régimentaires, quant à elles, sont trop volumineuses et trop spécialisées. La nouvelle unité tactique de base (sous-groupement tactique interarmes) devrait pouvoir disposer de 4 pions de manœuvre, d’1 pion de sûreté rapprochée, de 2 à 3 pions de soutien et d’appui et d’équipes spécialisées. D’un volume moyen de 180 à 250 hommes, elle devrait pouvoir disposer d’une structure de commandement capable de gérer des appuis extérieurs. Ces unités de base peuvent ensuite être intégrées à d’autres structures tactiques modulaires dimensionnées en fonction des nécessités propres à la mission.

La recherche de la continuité et de la réversibilité dans les modes d’action : les actions dites civilo-militaires ainsi que les actions de coercition non létales et les actions indirectes constituent, avec les actions létales, un continuum désormais indissociable dans toutes les opérations. Chaque unité tactique doit disposer des outils et des savoir-faire lui permettant d’assurer cette continuité tout en conservant une très forte réversibilité pour passer d’un style d’action à un autre sans délais.

L’adaptabilité et l’allègement des structures de commandement et de logistique : la chaîne de commandement opérationnel proposée par l’armée de terre est encore calquée sur l’ancienne structuration à trois niveaux (stratégique, opératif et tactique) avec une autonomie forte du commandement de théâtre. Les structures actuelles sont lourdes et redondantes et elles ne répondent pas au besoin. Il faut réduire les états-majors existants et créer des structures de commandement sur-mesure sans lourdeur administrative avec une forte connexion politico-militaire et une indispensable dimension multinationale.
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Un outil de promotion des intérêts nationaux
Le rôle que la France entend jouer sur la scène internationale comprend un large volet d’actions de partenariats dont beaucoup concernent l’armée de terre qui reste encore un vrai vecteur de rayonnement du pays. Les récents traités signés avec la Grande-Bretagne montrent que la gestion intelligente de l’interdépendance a pris le relais du cantonnement anachronique dans le mythe de l’indépendance nationale. La capacité à mettre en œuvre concrètement des collaborations fructueuses avec nos partenaires étrangers et, en particulier, européens constitue un enjeu de taille. Cette mission justifie l’existence d’un pool de cadres militaires correctement formés et capables de s’insérer dans des structures internationales et/ou de mener à bien des actions de formation, de conseil, de soutien aux exportations ou d’échange, soit dans le cadre de la gestion des crises soit en dehors dans le cadre des partenariats stratégiques. Ces militaires sont aujourd’hui principalement ponctionnés dans les unités opérationnelles. La création d’une organisation adaptée pour les former et les soutenir en marge de la chaîne des forces permettrait d’optimiser davantage ce volet important du rôle de l’armée de terre.
Un outil au service de la communauté nationale
La disparition du service militaire n’a pas fait disparaître le besoin de cohésion ni la nécessité pour l’Etat de disposer d’outils pour encadrer la jeunesse dans sa démarche de découverte de la citoyenneté responsable. L’armée de terre pourrait continuer à être l’un de ces outils, même après la disparition du service militaire. On peut tout à fait envisager, en marge des unités opérationnelles, de disposer d’unités de type militaire pour supporter et élargir l’idée du service civique. Ces unités polyvalentes pourraient assurer toute sorte de missions de service public depuis la sécurité générale (Vigipirate) jusqu’à la lutte contre les feux de forêt ou l’aide aux populations en cas de catastrophe naturelle.
Libérer les énergies
Cette restructuration plus que nécessaire de l’armée de terre doit s’accompagner de la remise en cause de quelques verrous liés pour une grande part au mode de gestion des carrières militaires. Il faut assouplir le carcan qui règle minutieusement la carrière des officiers et valoriser les échanges réciproques avec la fonction publique et le privé, en particulier par le biais de la réserve. A l’instar de ce qui existe dans les grandes entreprises, il faut créer de l’ « insécurité » dans la gestion des potentiels pour libérer les énergies. Il ne faut plus que les contraintes de gestion dictent le format de l’outil mais, au contraire, que la volonté de renouveler l’outil génère de nouveaux modes de gestion.

dimanche 12 décembre 2010

La 13ème DBLE va officiellement quitter Djibouti

Unité mythique de la Légion étrangère, créée en 1940 au moment des opérations franco-britanniques à Narvik, la 13ème Demi-Brigade de la Légion étrangère (DBLE) va prochainement quitter Djibouti, où elle y est implantée depuis 1962.
L’annonce en a été faite par le chef de corps de la « 13″, le colonel Cyrille Youchtchenko. « Il y a quatre mois, je prenais le commandement du régiment, plein de confiance et fier de disposer d’un formidable outil de combat bâti pendant 70 ans par 43 chefs de corps. Aujourd’hui, contre toute attente, la 13ème Demi-Brigade de Légion étrangère va quitter la terre africaine » a-t-il ainsi déclaré dans son ordre du jour daté du 27 novembre.
L’officier n’a pas précisé où sera prochainement basée la 13ème DBLE (*). « Notre destination sera bientôt connue » a seulement fait savoir le colonel Youchtchenko. « En 2011, elle (ndlr, la 13ème DBLE) s’adaptera de nouveau, construira un nouveau quartier, marquera de façon indélébile sa nouvelle terre d’accueil et transcendera la mission reçue tout comme elle l’a fait ici, à Djibouti », a-t-il ajouté, ce qui exclut toute dissolution de cette unité. Cela étant, le départ devrait commencer après la commémoration de la bataille de Camerone, le 30 avril prochain.
D’ici là, la 13ème DBLE a un programme chargé. « Consolider la compagnie de maintenance qui restera ici, accueillir l’IHEDN, organiser la 28ème et dernière course du Grand Barra (…), recevoir le groupe aéronaval, former un bataillon ougandais et les parachutistes du Qater et in fine, réaliser au nord d’Obock un chantier comparable à celui de Foum Zabel (ndlr, percée d’un tunnel) » a énuméré le colonel Youchtchenko.
Après le départ programmé de la 13ème DBLE, l’armée de Terre disposera, à Djibouti, du 5e RIAOM (Régiment interarmes outre mer), qui fait partie des Troupes de Marine, ainsi que d’un détachement de l’ALAT , qui met en oeuvre 5 Puma et 2 Gazelle.
(*) La destination future de la 13ème DBLE devrait être logiquement les Emirats arabes unis

Le sous-marin indien Arihant prendra l’alerte nucléaire en 2012

En février 2008, l’Inde procédait avec succès au tir d’un missile balistique K15 depuis une plate-forme sous-marine, près de la ville de Visakhapatnam. Cet essai avait fait alors entrer le pays dans le cercle très fermé des pays disposant d’une telle capacité.
En effet, tirer un missile depuis un sous-marin suppose plein de difficultés, à commencer par rééquilibrer le submersible une fois qu’il a lancé l’engin de plusieurs tonnes en compensant la perte de masse induite. Ensuite, il reste à régler le problème de l’allumage du missile quand il est à peine éjecté de son silo.
Jusqu’avant cet essai indien, seuls trois pays maîtrisaient cette capacité : la France, la Russie et les Etats-Unis. Les Britanniques, dont la dissuasion repose pourtant sur une force océanique, ont bénéficié d’un apport américain. Quant à la marine chinoise, bien qu’elle ait officiellement un SNLE en service, le 406 Changzheng, elle n’aurait pas encore atteint une fiabilité opérationnelle suffisante.
Suite à cet essai du missile K15, d’une portée de 700 km seulement, l’Inde a lancé le sous-marin nucléaire lanceur d’engin INS Arihant, en juillet 2009. Mis sur cale en 1998, ce bâtiment, long de 110 mètres, est propulsé par un réacteur nucléaire de 100 MW conçu par le Centre de recherche atomique de Kalpakkam. Il devrait pouvoir emporter une quinzaine de missiles K15.
Pour autant, l’INS Arihant n’a pas encore effectué la mission pour laquelle il a été conçu. Mais cela ne saurait trop tarder car l’amiral Nirmal Verma, le chef d’état-major de la marine indienne, a annoncé au quotidien India Today, que le bâtiment entrera en service actif « à la fin 2011 ou en 2012″, le temps qu’il termine ses essais en mer. La dissuasion nucléaire indienne reposera ainsi sur trois composantes : terre, air, sous-marine.
Par ailleurs, et outre le K15, qui est désormais au stade de la production en série, deux après son essai inaugural, il est prévu que l’INS Arihant emporte également des missiles balistiques K-4, qui, d’une portée de 3.500 km, devrait entrer en service en 2017.
La dissuasion nucléaire indienne repose sur le principe de « non utilisation en premier ». Elle vise en premier lieu à empêcher une éventuelle attaque de son rival de toujours, à savoir le Pakistan, qui dispose lui aussi d’une force de frappe. Mais elle fait aussi de l’Inde une grande puissance et, ainsi, une rivale de la Chine dans la région, ce qui est loin de déplaire à Washington.

samedi 11 décembre 2010

Le président de l’UE ne croit pas au succès de l’Otan en Afghanistan

« Je ne veux pas être impoli, mais vraiment, vous avez le charisme d’une serpillière humide et l’apparence d’un petit employé de banque… Qui êtes-vous ? Je n’avais jamais entendu parler de vous, personne en Europe n’avait jamais entendu parler de vous » avait déclaré, en février 2010, le député européen britannique Nigel Farage, au sujet de Herman Van Rompuy, alors tout nouveau président de l’Union européenne, en vertu de l’application du Traité de Lisbonne.
Quoi qu’il en soit, l’ambassadeur des Etats-Unis en poste à Bruxelles, Howard Gutman, connaît cet ancien Premier ministre belge. En effet, dans une note rendue publique par WikiLeaks, le diplomate a rencontré Herman Van Rompuy le 4 janvier dernier, soit peu après la prise de fonction de ce dernier à la tête de l’Union européenne.
Alors que presque la totalité des Etats membres de l’UE sont engagés militairement sur le théâtre afghan sous la bannière de l’Otan, Herman Van Rompuy a déclaré lors de cette rencontre que « plus personne en Europe ne croit (à un succès) en Afghanistan. » Et de prousuivre : « Nous restons encore en 2010 par respect pour les Américains, c’est tout », en précisant que les Européens attendaient des « résultats à la fin de 2010″. « Mais c’est la dernière chance » a-t-il avancé. « Si un Belge est tué, c’en est fini de l’engagement belge en Afghanistan » a-t-il par ailleurs averti.
Alors, la question de savoir comment il faudrait interpréter les déclarations d’Herman Van Rompuy se pose. Parle-t-il au nom des Etats-membres? Dans ce cas, il met en porte-à-faux les dirigeants européens qui expliquent à leurs opinions publiques que l’engagement militaire de leur pays en Afghanistan est nécessaire pour leur sécurité. Si tel n’est pas le cas, alors c’est la fonction même de président de l’UE qui est à remettre en cause.

Nexter, une cible convoitée

En décembre 2009, le constructeur français de véhicules blindés Panhard avait fait part de son intérêt de mettre la main sur Nexter, le groupe public d’armement terrestre. Plus tard, en juin, Renault Trucks Defense avait de nouveau fait part de son intérêt pour l’ex-Giat Industries.
Quant à Thales, qui était cité pour un rapprochement avec Nexter, son patron, Luc Vigneron, avait fait savoir que son groupe n’était pas intéressé, la priorité allant vers un échange d’actifs avec Safran.
Mais depuis, les choses ont changé. Les discussions entre Thales et Safran ont fait long feu et les deux groupes ont remporté, avec Nexter, le contrat d’architecture Scorpion, déterminant pour la suite de cet important programme qui prévoit le remplacement et la rénovation de la majeure partie de la flotte de véhicules blindés de l’armée de Terre.
D’où le changement de cap opéré par Thales. En effet, selon le quotidien La Tribune, le groupe français spécialiste de l’électronique de défense envisagerait de monter à hauteur de 25% dans le capital de Nexter et d’en prendre le contrôle une fois que le groupe public sera privatisé.
Dans le même temps, Thales ne compterait pas aller au-delà des 25% qu’il détient dans le capital de DCNS, alors même que le constructeur naval militaire se porte plutôt bien. Toujours selon La Tribune, Luc Vigneron pourrait demander une rallonge de trois ans pour éventuellement exercer l’option selon laquelle son groupe pourrait détenir jusqu’à 35% des parts de DCNS à un prix avantageux.
Cela étant, des projets de rapprochement entre Nexter et Thales se sont fait déjà jour, avec notamment, d’après la Lettre de l’Expansion, une éventuelle alliance dans le domaine des munitions.
Par ailleurs, Thales développe le véhicule protégé léger (PMV-LM) Hawkei pour le compte de l’armée australienne et plus généralement, la gamme Bushmaster. Quant à Nexter, qui dépend essentiellement des commandes passées par l’armée française, il produit notamment le char Leclerc, le VBCI et le CAESAR.

vendredi 10 décembre 2010

Terrorisme : Le président Sarkozy cible le Pakistan

Dans le cadre de sa visite officielle en Inde, le président Sarkozy a assisté, ce 7 décembre, à une cérémonie organisée en hommage aux victimes des attentats de Bombay qui avaient fait 166 morts en 2008. Les autorités indiennes ont clairement désigné le groupe terroriste pakistanais Lashkar-e-Taïba (LeT) comme étant le responsable de bain de sang.
Au cours de son allocution, le président français s’en est pris à Islamabad, qu’il a accusé à mots couverts de ne pas faire davantage en matière de lutte contre les réseaux terroristes.
« Il n’est pas acceptable que la sécurité de l’Inde puisse être menacée par des groupes terroristes agissant à partir des territoires voisins. Il n’est pas acceptable pour l’Afghanistan et pour nos soldats que les taliban et al-Qaïda trouvent refuge dans les zones frontières du Pakistan » a-t-il ainsi déclaré. Et il n’est pas non plus « acceptable pour le monde que des attentats terroristes aient pour origine ou pour auteurs des groupes entraînés au Pakistan » a-t-il ajouté.
L’actualité récente donne des exemples pour justifier les propos du président Sarkozy. Ainsi, Faisal Shahzad, l’auteur de l’attentat manqué à Times Square (New York), le 1er mai dernier, a pris ses ordres au Pakistan. Et l’alerte terroriste concernant la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, qui avait été lancée cet automne, avait également pour origine des djihadistes réfugiés dans les zones tribales pakistanaises.
« La France attache un grand prix à ses relations avec le Pakistan, un Pakistan démocratique, stable, prospère. Aucune fatalité condamne le Pakistan à être la victime et le creuset du terrorisme mondial » a encore affirmé le président français. « Je compte sur toutes les autorités pakistanais pour intensifier leurs efforts et se montrer résolues contre les criminels » a-t-il poursuivi, prenant ainsi le contre-pied de son homologue américain, Barack Obama, qui s’était gardé de tout commentaire à l’égard d’Islamabad lors de sa récente visite en Inde.
Cela étant, depuis l’assaut lancé contre la Mosquée rouge en juillet 2007, le Pakistan est lui-même victime d’actes terroristes, notamment commis par le mouvement taleb pakistanais, contre lequel il avait lancé une grande offensive dans la vallée de Swat, au printemps 2009 et au Sud-Waziristan, en octobre de la même année. Cependant, il apparaît qu’Islamabad, via l’ISI, ses services secrets, ménage les talibans afghans et d’autres groupes radicaux, tels le Lashkar-e-Taïba, pour servir ses intérêts en Afghanistan pour les premiers et au Cachemire indien pour les seconds.
Quoi qu’il en soit, à la veille de l’interpellation du président français adressée aux autorités pakistanaises, deux kamikazes ont tué au moins 40 personnes, dans le district tribal de Mohmand, dans le nord-ouest du Pakistan. Visiblement, cet attentat visait des chefs tribaux opposés au taliban pakistanais, rassemblés dans les locaux de l’administration local pour participer à une réunion avec des fonctionnaires.
Et ce 7 décembre, un attentat a fait vraisablablement une vingtaine de blessés à Bénarès, l’un des hauts-lieux de l’hindouisme en Inde. Cette action a été revendiquée par les Moudjahidines indiens, un groupe terroriste islamiste.

L’Otan maintiendra la pression sur les insurgés afghans cet hiver

Lors du sommet de l’Alliance atlantique à Lisbonne, en novembre dernier, il a été décidé que l’année 2014 devrait être celle où les forces de sécurité afghanes assumeront la responsabilité de la sécurité sur l’ensemble de l’Afghanistan en 2014, avec le soutien de forces de l’Otan réduites.
Pour le général David Petraeus, le commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité (COMISAF), cet objectif « est une perspective raisonnable ». Invité à s’exprimer par la chaîne de télévision ABC, l’officier américain s’est voulu prudent. « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour augmenter les chances en vue de cette perspective » a-t-il déclaré. « Mais encore une fois, je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit de certaion dans ce genre de tentative et je ne serais pas honnête (…) si je ne disais pas cela » a-t-il ajouté.
« Ici, ce n’est pas le genre de guerre où vous voyez la colline que vous devez prendre, om vous la prenez, plantez un drapeau et revenez à la maison pour une parade » a encore expliqué le COMISAF. Selon lui, c’est « bien plus compliqué ».
« Lors de chaque opération, nous tuons ou capturons (des insurgés), mais d’autres s’enfuient. C’est la raison pour laquelle il faut continuer à les poursuivre » a également déclaré le général Petraeus. Et le fait est, il n’est pas question de laisser le moindre répit aux rebelles au cours de l’hiver prochain. C’est du moins ce qu’a fait comprendre le général allemand Josef Blotz, le porte-parole militaire de l’Otan en Afghanistan.
Généralement, à cette période de l’année, les accrochages se font moins nombreux, notamment en raison des conditions météorologiques (neige et froid), qui rendent plus difficiles les déplacements et la logistique des insurgés, et de la végétation, moins dense, qui ne permet plus de se dissimuler.
« Les taliban vont être mis sous pression pendant tout l’hiver ces trois prochains mois » a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse, organisée à Kaboul, le 6 décembre. « Nous allons faire pression partout » mais notamment « à Kandahar, dans le Helmand et dans l’est », c’est à dire dans les bastions des insurgés situés près de la frontière pakistanaise. « Nous les traquons partout où nous pouvons les trouver » a-t-il assuré.
Quant au risque de voir revenir les taliban dans les régions où ils en ont été chassés par l’Otan, le général Boltz a assuré que la coalition a « désormais les ressources suffisantes en termes de forces armées pour sécuriser des régions, mais aussi pour consolider » les progrès obtenus sur le terrain.
Cette déclaration coïncide avec le début d’une offensive menée à l’ouest de Kandahar par des troupes américaines, canadiennes et afghanes. Cette opération, appelée Baawar (Assurance) vise à reprendre le secteur situé entre Zangabad et Mishan, où la coalition n’a jamais vraiment réussi à s’imposer durablement.
Par ailleurs, et c’est sans doute ce qui justifie la prudence du général Petraeus, le porte-parole de l’ISAF a reconnu que le nombre des violences a augmenté par rapport à 2009 mais, a-t-il estimé, cela s’explique par le fait que les forces de la coalition ont pris l’initiative sur les insurgés en allant les débusquer dans leurs bastions. Et de relativiser l’impact des assauts menés par l’insurrection, lesquels seraient pour une grande part inefficaces.
Enfin, le général Boltz a justifié les raids noctures des forces spéciales de l’Otan, qui ont fait l’objet d’une polémique avec le président afghan, Hamid Karzaï, qui les avaient publiquement dénoncés le mois dernier. « Dans 80% des cas, il n’y a aucun coup de feu tiré. Ces opérations sont non seulement très précises mais aussi très efficaces pour éviter les victimes civiles » étant donné que leurs objectifs est de s’en prendre à des « individus plutôt qu’à des groupes »