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mercredi 23 juin 2010

L’appel du 18 juin: un rendez-vous mémorable à Londres


L’armée de l’air a participé, vendredi dernier, à Londres, aux festivités franco-britanniques dédiées à la commémoration de l’appel du 18 juin, 70 ans après les évènements qui se sont déroulés pendant la Seconde Guerre mondiale.
L’appel du 18 juin est le premier discours prononcé par le général De Gaulle, en 1940, depuis l’Angleterre, sur les ondes de la BBC, dans lequel il appelle à ne pas cesser le combat contre l’Allemagne nazie. Ce discours, geste de refus et cri de ralliement pour ceux et celles qui ne se résignent pas à accepter la défaite, a été très peu entendu le jour même par la population française. Il a, en revanche, été publié dans la presse française dès le lendemain et surtout, réitéré chaque jour qui ont suivi, et diffusé par des radios étrangères. Il est considéré comme le texte fondateur de la Résistance française, dont il demeure le symbole.
La journée du 18 juin 2010 dans la capitale britannique a ainsi célébré le 70ème anniversaire de l’Appel et de la naissance de la France libre. Elle avait notamment pour objectif de rendre hommage aux Français libres et résistants, qui ont refusé de se soumettre.
La cérémonie officielle s’est tenue dans la cour du Royal Hospital Chelsea, rassemblant de multiples participants: le Premier ministre britannique, M. David Cameron, M. Nicolas Sarkozy, leurs épouses, de nombreuses autorités militaires, dont le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Jean-Paul Paloméros, et un parterre d’anciens combattants.
Les deux chefs d’États ont effectué leur entrée dans un silence religieux, encadrés par les troupes franco-britanniques au garde-à-vous. Les corps de chaque armée étaient positionnés de chaque côté du tapis rouge, sur les pelouses, comme au travers d’un reflet de miroir: à l’opposé des soldats de la Garde Royale en tenue rouge vif et coiffe noire se tenait une brigade d’une cinquantaine d’aviateurs de la base aérienne d’Orange représentant l’escadron de chasse 2/5 «Île de France». Ce dernier a été créé par le général De Gaulle, le 20 octobre 1941, et désigné Free French Squadron 340 dans la Royal Air Force. Son succès opérationnel lui a valu de nombreuses décorations et citations.
L’arrivée de M. Cameron et M. Sarkozy a coïncidé avec le survol de trois avions de chasse en patrouille serrée, composée d’un Rafale, d’un Eurofighter Typhoon et d’un Spitfire. L’équipage du Rafale de l’escadron 1/91 «Gascogne» de Saint-Dizier a rendu hommage par ce passage à l’escadrille BR66, à l’origine basée dans la Meuse et aujourd’hui implantée sur la base bragarde. L’escadrille avait en effet participé, en 1943-44, aux opérations alliées depuis la Grande-Bretagne, cumulant 120 missions, soit 2500 sorties et larguant 9500 tonnes de bombes. Pour le défilé, l’équipage a accompli du «jamais fait» et volé à 200 nœuds au lieu des 350 auxquels il est habitué.
Les discours des deux chefs d’États ont suivi la lecture du texte de l’appel du 18 juin par un élève du lycée Charles De Gaulle et précédé la prestation du chœur de l’armée française et de la chorale du lycée qui ont chanté le «chant des partisans». «Aujourd’hui est un rappel que la France et l’Angleterre ne sont pas seulement des voisins dans le sens géographique mais également dans le sens émotionnel du terme, a déclaré David Cameron. Cette journée ne concerne pas que notre histoire partagée, mais également notre responsabilité et notre réalité partagées.» M. Sarkozy a, pour sa part, insisté que «l’unité entre les peuples était la condition de la survie» et a notamment rappelé que «sur les quinze pilotes de la France libre, neuf sont morts au combat».
Un train Eurostar aux couleurs du 70ème anniversaire a été spécialement affrété pour acheminer, depuis Paris, une délégation de plus de 700 personnes, dont des témoins des combats, des personnalités, des vétérans des forces aériennes françaises libres, des collégiens et des journalistes. Parmi les vétérans, M. André Charasse, 91 ans, fils de pépiniériste et passionné d’aviation, qui a intégré l’école de chasse, alors implantée à Avord, à l’âge de 17 ans.
M. Charasse était à Oran, en Algérie, lorsque l’Armistice a sonné. Certains pilotes ont réagi très vite. Le célèbre René Mouchotte, un de ses camarades de promotion, a pu décoller pour rejoindre l’Angleterre et se mettre au service de la liberté. Les autorités ayant réagi rapidement, le jeune homme s’est, pour sa part, retrouvé coincé: les avions étaient gardés, les hangars fermés et les pistes piégées pour éviter les départs intempestifs. «Une paire de chaussettes dans une poche, un slip dans l’autre, j’ai roulé une chemise dans un bout de papier et j’ai sauté par la fenêtre», raconte M. Charasse, revivant sa clandestinité forcée de trois mois après avoir essayé de décoller envers et contre tout. Après avoir rallié Casablanca en train, puis rencontré un consul britannique qui lui conseille d’«utiliser une bicyclette et de traverser le désert jusqu’à Dakar, puis de traverser le fleuve Gambie à la nage pour trouver des Anglais», il finit par «emprunter» un avion biplace, ancêtre du T6, de la commission d’armistice, garé dans un hangar isolé et cadenassé. Il est finalement parvenu à se poser à Gibraltar. «La bataille d'Angleterre étant terminée, on n’avait malheureusement pas besoin de nous, alors on nous a envoyés en Égypte, relate-t-il. Mais le 18 juin a définitivement été le déclenchement de quelque chose qui a influencé tout le reste de ma vie
Cette journée nationale consacrée au souvenir et au devoir de mémoire a également inspiré de nombreuses autres villes françaises. Les Parisiens ont, par exemple, pu assister au spectacle multimédia projeté sur la façade de l’Hôtel national des Invalides: une fresque historique retraçant l’épopée de la France libre et combattante, de l’Appel du 18 juin à la Libération.
Texte : ltt Virginie Gradella

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