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vendredi 9 juillet 2010

Réserve: les ORSEM dans une passe difficile

Les officiers de réserves spécialistes d'état-major (Orsem) traversent une passe difficile. Actuellement au nombre de 1500, servant sous ESR d'une durée moyenne de 20 à 30 jours (1), ils constituent une force d'appoint pour le différents états-majors terre, interarmées ou internationaux. Créés en 1898 en tant qu' "officiers de compléments", formés dans leur propre école, ils connaissent aujourd'hui un problème de ressources humaines. Le dernier concours, en mai dernier, n'a enregistré que 22 reçus, alors que le recrutement annuel se situait auparavant au dessus de la centaine. Les besoins sont de l'ordre d'une quarantaine par an. "On a vécu sur l'inertie de la suspension du service national" expliquent les responsables de la Réunion des Orsem, l'association qui les regroupe. Le recrutement des Orsem s'effectue chez les jeunes officiers de réserve, vers 35 ans, qui souhaitent se spécialiser dans le travail d'état-major. Il s'agit d'une formation exigeante et sélective.
Cette crise des Orsem témoigne de celle, plus générale, de la Réserve - que les réductions de crédit et le faible intérêt de l'armée d'active touchent de plein fouet. Ainsi, l'armée de terre ne veut pas envoyer de réservistes en Afghanistan. "Je ne veux pas être le premier général à m'incliner devant la dépouille d'un réserviste au pavillon d'honneur d'Orly" explique le Cemat, qui accepterait de dépêcher des réservistes sur ce théâtre, mais uniquement dans les mêmes conditions de préparation que les militaires d'active : six mois de formation intensive, puis six mois sur le terrain. Autant dire que cela s'avère impossible dans le système français : quel réserviste peut consacrer une année entière pour partir en opex ?
Les Américains ont fait un choix diamétralement opposé à celui des Français. Pour la France, ce fut "pas d'opex avec les appelés" (guerre du Golfe) un choix qui s'étend aujourd'hui aux réservistes dont la mort au combat est jugé politiquement inacceptable. Pour les Américains, au contraire, c'est "pas une intervention sans les réservistes" ou la Garde nationale. Deux approches qui renvoient à l'idée que l'on se fait du lien armée-nation.
(1) Auxquels il faut ajouter un millier d'Orsem ayant quitté la réserve opérationnelle.

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