Cinq de ces martyrs seront enterrés à Kaboul
Au moins cinq familles ont exprimé le souhait que leurs proches soient enterrés à Kaboul, dans le cimetière des Anglais, a indiqué Dirk Frans, le directeur général de l'ONG chrétienne International Assistance Mission (IAM).
Plus de trois jours après la découverte des corps, l'enquête se poursuit.
Le commandement des talibans et le Hezb-e-Islami, le second plus important groupe insurgé, ont revendiqué les meurtres, affirmant que les Occidentaux étaient des "missionnaires chrétiens" et des "espions de l'OTAN".
Alors que la police avait évoqué d'abord la thèse du "vol", le chef du département des enquêtes criminelles du ministère de l'Intérieur, le général Mirza Mohammad Yarmand, a déclaré à l'AFP que des "terroristes" du Nouristan, province voisine de l'endroit où ils ont été tués, étaient les responsables.
Un survivant épargné parce qu'il récitait des vers du Coran !
"Selon le survivant, les terroristes ont tiré de loin avant d'approcher", a dit le général, soulignant que le survivant, Faisullah, avait été épargné parce qu'il récitait des vers du Coran. Ce dernier, cité samedi par le chef de la police locale, avait assuré que les humanitaires avaient été abattus.
Le groupe avait passé deux semaines dans les montagnes au Nouristan, une province sous forte influence talibane, pour assurer leur mission d'aide médicale. Ils avaient ensuite récupéré leurs véhicules et s'étaient arrêtés dans une zone boisée pour déjeuner. C'est à ce moment qu'ils ont été attaqués.
Le groupe d'humanitaires - médecins, ophtalmologues, dentiste et infirmières - était mené par Tom Little, un Américain vivant depuis les années 1970 à Kaboul.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a condamné ces assassinats et s'est dite bouleversée "par la perte de ces personnes héroïques et généreuses". Elle a également dénoncé "la tentative grossière des talibans pour justifier l'injustifiable en proférant de fausses accusations sur leurs activités en Afghanistan".
Les talibans avaient affirmé avoir tué les humanitaires parce qu'ils étaient des "missionnaires chrétiens" portant des Bibles en dari (une des langues officielles en Afghanistan), ce que l'ONG chrétienne, implantée depuis 1966 en Afghanistan, avait démenti.
L'ONU a condamné des "meurtres exécutés de sang-froid". "Les travailleurs humanitaires doivent avoir accès aux personnes qu'ils soignent et doivent pouvoir le faire sans crainte", a estimé Staffan de Mistura, représentant spécial de l'ONU à Kaboul.
Le docteur Karen Woo, une Britannique de 36 ans qui aurait quitté un emploi dans le secteur privé à Londres pour travailler à Kaboul, faisait partie du voyage.
"Elle allait dans les endroits les plus dangereux d'Afghanistan pour aider les gens. Elle était comme ça. Elle était sérieuse et professionnelle", a déclaré son compagnon Mark Smith à la BBC.