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mercredi 13 janvier 2010

Israël : Kipat Barzel, système de protection contre les tirs de roquettes


CLes Israéliens ont réalisé cette semaine d'importants progrès vers la mise en place d'un système de protection contre les tirs de roquettes en provenance de Gaza ou du Sud-Liban.

Ce système baptisé Kipat Barzel (Parapluie de fer) n'est qu'un élément du vaste programme de défense antimissile. Il s'agit de la dernière couche, qui vient s'ajouter à Kala David (La Fronde de David), pour les missiles de moyenne portée et à Hetz (la Flèche - Arrow) contre les engins stratégiques.

Un système anti-missiles contre roquettes et obus

L'Etat hébreu est en train de prendre une très sérieuse longueur d'avance dans ce domaine, comme il l'avait fait il y a une vingtaine d'années avec les drones. La France et les autres pays européens, sont une nouvelle fois à la traîne. Ils sont aujourd'hui préoccupés de réinventer, de toute pièce et à grands frais, un avion de transport militaire (A400M).

Comment fonctionne Kipat Barzel (Iron Dome en anglais) ?

Il s'agit d'un système mobile, conçu pour détruire en vol des roquettes type Katiousha ou des obus de 155 mm, quelles que soient les conditions atmosphériques, jusqu'à une portée de 70 kilomètres. Le système est conçu par Rafael, l'un des principaux industriels israéliens de la défense.

Kipat Barzel se compose de trois éléments : un radar de détection et de poursuite (fabriqué par Elta), un BMC (Battle Management and weapon Control) et une batterie de missiles Tamir, lancés verticalement. Ces missiles sont équipés de senseurs électro-optiques et viennent frapper les roquettes ou les obus.

Les 5 et 6 janvier 2009, des tests ont été réalisés avec succès dans le sud d'Israël, Kipat Barzel parvenant à intercepter plusieurs menaces simultanément.

Confié à un nouveau (947ème) bataillon de défense sol-air de l'armée de l'air, un premier système sera déployé à la mi 2010 pour protéger Sderot, jusqu'à côté de la bande de Gaza, afin de faire face aux tirs du Hamas. Ultérieurement, d'autres unités seront déployées dans le nord, face à la frontière libanaise et au Hezbollah. Les militaires aimeraient disposer d'une vingtaine de batteries.

En collaboration avec les Etats-Unis, Israël a travaillé pendant plusieurs années sur le projet Nautilus d'interception par laser. L'affaire a été abandonnée, pour revenir à des formules plus classiques mais d'une grande sophistication.

Le système est-il efficace ?

Difficile de répondre avec certitude. On peut juste faire quelques remarques :

1) un bouclier anti-missile n'est jamais parfaitement étanche, mais il permet de limiter les dégâts et procure une sécurité psychologique aux populations.

2) Comme toute défense, elle peut être saturée par des tirs multiples. Mais là encore, une défense partielle vaut mieux que pas de défense du tout. Ajoutons le fait que le radar permettrait de faire le tri entre les cibles dont la trajectoire représente une menace et celles qui vont tomber dans une zone non-habitée. Le missile ne serait tiré que dans le premier cas.

3) le système a un temps de réaction de 15 secondes : il ne peut donc pas intercepter des cibles tirées à moins de trois ou quatre kilomètres.

Son coût est-il prohibitif ?

150 millions d'euros ont été investis dans ce projet depuis 2007 et chaque batterie coûterait près une dizaine de millions d'euros.

Le prix d'un missile Tamir est estimé entre 35.000 et 50.000 euros, alors que prix d'une roquette Qassam se compte en centaines de dollars. Cela fait réflechir sur la guerre moderne... exactement comme l'emploi d'une munition A2SM tiré d'un Rafale pour tuer trois combattants ennemis au sol.

Un système d'avenir ?

Kipat Barzel a été conçu pour protéger le territoire israélien à la suite de tirs en provenance du Sud-Liban et de Gaza, qui ont donné lieu à deux guerres en 2006 et 2009. Pour l'heure, aucune menace de la sorte ne pèse sur le territoire des pays susceptibles de s'offrir de tels systèmes. Ce n'est évidemment pas le cas de leur troupes déployées à l'étranger. On sait que des roquettes tombent régulièrement sur les bases alliées en Afghanistan. Elles sont rares et très peu efficaces. Rien ne permet de dire que ce sera toujours et partout le cas