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BIENVENU SUR LE BLOG DE L'ASSOCIATION DES TITULAIRES DU TITRE DE LA RECONNAISSANCE DE LA NATION ET DU CIVISME ET DÉVOUEMENT SECTION SUISSE.
« Personne n'est assez fou pour préférer la guerre à la paix : dans la paix, les fils ensevelissent leur père ; dans la guerre, les pères ensevelissent leurs fils. » Hérodote



jeudi 21 janvier 2010

Armée française: la tentation des mercenaires



Largement utilisées par les anglo-saxons, les sociétés militaires privées sont un sujet délicat en France. Cela n'empêche pas la Défense d'étudier la possibilité d'y avoir recours.

L'abandon des poursuites par un juge américain contre cinq gardes de la firme de sécurité privée Blackwater, accusés d'avoir abattu 14 civils irakiens désarmés, a provoqué la colère à Bagdad. Nouri Al-Maliki, le chef du gouvernement irakien, a «rejeté» cette décision et annoncé le dépôt, aux Etats-Unis et devant la justice d'Irak, d'une nouvelle plainte. «Nous n'abandonnerons pas notre droit de punir cette firme», a commenté le premier ministre, annonçant que son gouvernement allait «tout faire pour aider les familles irakiennes concernées à porter plainte» aux Etats-Unis mêmes.

C'est à la suite «d'erreurs de procédure» commises par les procureurs américains et du fait que les cinq accusés s'étaient entendus promettre l'immunité, que le juge Ricardo Rubina a décidé de mettre un terme à une affaire qui empoisonne les relations irako-américaines depuis le 16 septembre 2007.

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Bagdad, 16 Septembre 2007. Quatre camions blindés transportant des employés de la société Blackwater quittent la zone verte. L'équipe, nom de code Raven 23, s'apprête à secourir sans instructions un autre groupe menacé par une attaque à la voiture piégée. Arrivée Place Nisour, un quartier fréquenté de la ville, Raven 23 bloque la circulation, ouvre le feu sur une voiture qui circule à vitesse réduite, puis sur les passants. Bilan: 17 morts et plus d'une vingtaine de blessés. Scandalisé, le Premier ministre Nouri al-Malik exige le départ de Blackwater, sans succès.

L'apparition de sociétés commerciales privées qui ont fait de la guerre un business lucratif date de la chute du mur de Berlin. Les Etats occidentaux ont rapidement pris la mesure des économies potentielles que permettrait une cure d'amaigrissement de leurs ressources militaires, devenues moins utiles après le déclin de la menace soviétique. La professionnalisation, l'outsourcing sont devenus la règle.

En France, la notion de force armée légitime, conception latine issue de la Révolution française, définit l'utilisation de la violence d'Etat. Pour le Général Bruno Neveux, une figure de l'armée française qui a commandé avec brio la délicate opération Artémis en RDC en 2003, La force légitime émane d'un pouvoir politique légitime. «La force ne peut trouver sa raison d'être que dans un objectif politique, ce n'est pas une finalité en soi, mais un instrument au service d'une société démocratique. La force armée est de nature régalienne, apanage de l'Etat. Personne ne remet en cause le contrôle absolu de l'Etat».

L'objectif du ministère de la Défense est d'inverser le pourcentage entre les effectifs opérationnels à même de remplir des fonctions militaires (40%) et ceux qui sont affectés à d'autres tâches. Il s'agit par exemple d'accompagnement des forces armées qui ne touchent pas à l'essence même de la fonction militaire parce qu'elles ne nécessitent pas l'usage d'armes (60%). Cela concerne essentiellement la logistique, l'intendance ou la formation et peut s'étendre à des missions de protection, de surveillance et accompagnement qui nécessitent d'être armé».

Michèle Alliot-Marie avait demandé une réflexion sur le sujet dès les années 2000. L'emploi de sociétés militaires privées est une option, mais l'Institution militaire reste prudente. Pour le Général Baptiste, le porte parole de la Défense qui dirige la Délégation à l'Information et à la Communication de Défense, le temps est encore à l'étude: «La réflexion n'est pas aboutie, il n'y a pas de position officielle. Le pouvoir politique n'est pas pressé, même si l'on constate un lobbying en direction des parlementaires. Cette solution présente des avantages, mais on a vu en Irak les limites morales et philosophiques. Cela peut véhiculer un sentiment négatif dans un pays, en ce qui concerne le soutien à ses propres troupes. Actuellement, sur les théâtres d'opérations où elle intervient, la France n'externalise des tâches qu'à des personnels civils qui ne sont pas armés. Il s'agit principalement de restauration et de blanchisserie, d'entretien où de logistique».

La loi sur la répression de l'activité de mercenariat, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 3 avril 2003 n'interdit pas vraiment l'activité des SMP. Pourtant, les sociétés françaises ne travaillent qu'à l'étranger. Pierre Marziali, dirigeant de SECOPEX, une société spécialisée dans le conseil militaire privé et l'intelligence économique, le déplore: «Il y a des intérêts économiques en jeu, et la quasi-totalité de ce marché est détenu par les anglo-saxons. Cela permettrait également la reconversion de personnel issu de la défense et l'intérieur, pour des métiers qui vont du linguiste au démineur en passant par le nageur de combat. Cela répond aussi à des intérêts d'externalisation, mais jusqu'à maintenant en France, rien ne bouge

Mais les choses pourraient s'accélérer. La Révision Générale des Politiques Publiques offre un bel avenir aux sociétés privées. Les effectifs doivent être réduits alors que les opérations extérieures (Afghanistan, Côte d'Ivoire) se multiplient. Le recours à l'externalisation est perçu comme un outil efficace pour diminuer le nombre de personnels administratifs.

Comme le concède le Général Neveux, si le recours aux SMP semble inéluctable, encore faut il que cette évolution soit préparée et encadrée. LaConvention de Montreux, signée par 17 pays, ouvre la voie à une régulation précise de ces activités, afin d'éviter les abus et les exactions qui ont été constatées en Irak. Car le glissement entre activités privatisées de pure logistique et opérations armées sur le terrain est parfois difficile à empêcher.

La France négocie la vente de chars Leclerc avec la Colombie

Char_leclerc_70476La France négocie avec la Colombie la vente de quarante chars Leclerc d'occasion (1). Ces blindés sont actuellement entre les mains de l'armée de terre.

Des experts de la DGA se sont rendus à plusieurs reprises à Bogota pour finaliser la proposition française : la Colombie cherche à se doter d'un char de combat pour contre-carrer la décision de son voisin, le Venezuela d'Hugo Chavez, d'acquérir des T-90 russes. C'est la première fois que la Colombie s'équiperait d'un char aussi puissant.

Les 40 chars en question sont aujourd'hui stockés par l'armée de terre : il s'agit des tranches 4 et 5 de la série 1. Avant de les vendre à la Colombie, ils devront subir une grande visite et se voir apporter quelques modifications (climatisation radio, nouvelles chenilles, instruction en espagnol, etc).

Ces chars proviennent des surplus de l'armée de terre, qui a sérieusement réduit la voilure en matière de blindés. Faisons les comptes :406 Leclerc EMAT ont été livrés à l'armée de terre. Celle-ci ne souhaite plus en disposer (en parc) que de 254. Soit un surplus de 152 chars. Plus d'une trentaine sont à la casse : il s'agit des premières tranches qui ont connu de nombreux problèmes techniques. Une trentaine ont servis de stocks de pièce de rechange et sont aujourd'hui démontés. Dix autres doivent être transformés en véhicules de dépannage. Restent donc un peu plus de 70 Leclerc susceptibles d'être cédés sur le marché de l'occasion. D'autres experts parlent d'une "grosse cinquantaine".

Outre la Colombie, le Qatar pourrait être intéressé par des Leclerc d'occasion, lui qui doit remplacer son parc d'une trentaine d'AMX-30. Jusqu'à présent, le char Leclerc n'a été vendu, neuf, qu'aux seuls Emirats arabes unis.

Le Leclerc a été engagé dans deux opérations extérieures : le Kosovo et le Liban, où il est toujours présent. Depuis 2008, la France ne dispose plus que de quatre régiments à 52 chars, soit un point blindé lourd de 208 chars. C'est un minimum historique.

(1) Dévoilées fin décembre par le quotidien économique la Tribune, les discussions n'ont pas encore abouti contrairement à ce qu'affirme le Point d'hier

Mieux vaut tard que jamais

Tannay, 24 mai 1940. L’armée allemande, qui applique la tactique dite de la guerre éclair (blitzkrieg), attaque là où l’état-major français s’y attendait le moins, c’est à dire dans les Ardennes. A charge pour les unités françaises déployées dans la région de bloquer cette offensive.

C’est dans ce contexte que les 47 cavaliers restants du 93e Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie, une unité de l’arme blindée cavalerie issue du 20e Régiment de Dragons dissous en 1940, reçoivent l’ordre de contre-attaquer des troupes largement supérieure en nombre et en armement, bénéficiant d’un soutien d’artillerie.

Ainsi, à 18 heures précises, les hommes du 93e GRDI partent à l’assaut, baïonnette au canon… Dès les premiers instants, pris sous un violent tir de barrage allemand, 12 militaires français sont tués, dont le capitaine Charlois dont on ne retrouvera, plus tard, qu’un galon et un porte-clef. Seuls cinq cavaliers sortent indemnes de ce déluge de feu. Tombés nez-à-nez avec un bataillon allemand, ils sont faits prisonniers. Un peu plus tard, une dizaine de chars du 49e BCC passent à l’attaque à leur tour. Ils seront pratiquement tous détruits par l’artillerie allemande…

Le maréchal des logis Roger Avignon, âgé de 94 ans, appartenait au 93e GRDI. Il a fait partie de ceux qui n’ont pas hésité à monter à l’assaut contre des forces largement supérieures à tout point de vue. Acteur de cette tragédie, il n’a eu de cesse, depuis, de se dévouer corps et âme pour la mémoire de ses frères d’armes et plus généralement pour l’histoire de l’arme blindée cavalerie. D’ailleurs, les spécialistes des blindés, qui le connaissent forcément, le savent mieux que quiconque.

Sa conduite héroïque devant le feu ennemi aurait dû lui valoir la reconnaissance de la Nation. Or, jusqu’à présent, ce n’était pas le cas. Certes, en mai dernier, le conseil municipal de Tannay a baptisé une rue de la ville du nom du maréchal des logis Roger Avignon, en mémoire des défenseurs de cette localité, qui furent en quelque sorte les premiers résistants.

Mais est-ce parce qu’il fallait oublier le désastre de mai-juin 1940, dont pourtant, les combattants ne peuvent pas être tenus pour responsables? Toujours est-il que la République française avait oublié de distinguer Roger Avignon, et à travers lui, ses compagnons d’armes. Cet oubli est désormais réparé. En effet, la Médaille militaire lui a enfin été décernée le 14 janvier, à l’occasion d’une cérémonie émouvante.

Des députés plaident pour une défense antimissile française et européenne

Des députés de différentes tendances politiques appartenant aux Cercles interparlementaires d’étude air-espace et naval de défense, créés en 2008, se sont prononcés en faveur d’une défense antimissile autonome française et européenne afin de contrer la menace que représente la prolifération de missiles balistiques et d’armes de destruction massive.

« Il serait irresponsable pour la France de (…) négliger, par souci immédiat des coûts financiers, cette prolifération balistique » ont ainsi écrit les parlementaires Christophe Guilloteau (UMP), Gilbert Le Bris (PS) et Francis Hillmeyer (Nouveau Centre) dans une une étude publiée ce 20 janvier.

Partant du constat que « de nombreuses organisations telles qu’al-Qaïda, des Etats instables aux pouvoirs illégitimes » se livrent à une « course aux armements et aux capacités NBC (ndlr: Nucléaire – Biologique – Chimique) » ainsi qu’à « une recherche de moyens balistiques », les députés ont estimé qu’une « défense antimissile prend tout tout son sens », même si « la dissuasion demeure le meilleur outil pour prévenir l’utilisation de certaines menaces provenant d’Etats clairement identifiés »

Ainsi, selon cette étude, cette défense antimissile viendrait en complément de la dissuasion nucléaire, dont l’importance capitale a été soulignée par les auteurs du dernier Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale publié en juin 2009, et permettrait une « autonomie stratégique » de la France et de ses partenaires européens à l’égard des Etats-Unis qui développent depuis plusieurs années un bouclier antimissile aux résultats en demi-teinte malgré les sommes engagées et dont les ambitions ont été récemment revus à la baisse par le président Obama.

Pour l’instant, la France a engagé des études sur le programme d’alerte avancée SPIRALE (Système préparatoire infrarouge pour l’alerte) avec le lancement, depuis Kourou en février 2009, de deux microsatellites. Selon le Livre blanc, ce système permettrait de détecter les départs de missiles via les engins en orbite et un radar très longue portée (TLP). Ainsi, Paris ne dépendrait pas des renseignements fournis par les Etats-Unis qui ont acquis cette capacité depuis 40 ans avec les satellites géostationnaires DSP-I (Defense Support Program – Improved), prochainement remplacés par ceux du programme SBIRS (Space-Based Infrared System).

L’une des justifications données par la Commission du Livre blanc pour la mise en place de ce système d’alerte avancée est la mise en oeuvre « des mesures de protection » des populations dans le cas d’un missile tiré à destination du territoire français. Or, cet argument n’est pas le plus pertinent pour convaincre de l’utilité d’un programme tel que le SPIRALE, sachant qu’un engin balistique ne met qu’une quinzaine de minutes pour toucher sa cible, sauf à considérer la mise en place d’une défense antimissile.

Seulement, pour le moment, et hormis la défense antimissile de théâtre avec le programme ASTER, il n’est pas question pour la France de se doter d’une telle capacité. « Dans l’histoire de l’humanité, le bouclier l’a-t-il emporté une seule fois sur le glaive? Jamais… » avait déclaré le ministre de la Défense, Hervé Morin, au cours d’un déplament au salon aéronautique de Dubaï l’an passé (*). En effet, cette question, qui devient récurrente puisqu’elle a été abordée lors de la cohabitation Mitterrand / Balladur dans les années 1990, a été tranchée : une dissuasion nucléaire crédible suffit à prémunir la France d’éventuels tirs de missiles.

(*) L’on pourrait citer au moins un cas : le siège par 20.000 combattants chinois de Tuyen-Quan, entre le 23 novembre 1884 et le 28 février 1885. Les 611 soldats français de cette garnison, commandée par le futur colonel Marc-Edmond Dominé, ont résisté jusqu’à l’arrivée de renforts.

Afghanistan : « Hope 3 Reaction », montée en puissance des forces de sécurité afghanes

Lundi 18 janvier, la 3ème brigade de l’armée nationale afghane, en pleine montée en puissance, a mené une opération d’envergure visant à améliorer la liberté de mouvement sur l’axe Vermont entre les villages de Tagab et Nijrab au nord de la vallée de Kapisa.

« A travers la mission que nous menons aujourd’hui, je veux relayer un message à la population locale ; j’aimerais qu’ils supportent d’avantage l’armée nationale afghane, que leurs enfants entrent dans nos rangs pour renforcer notre impact dans la lutte contre les insurgés. Je veux qu’ils comprennent que les forces de la coalition collaborent avec nous pour que nous puissions bientôt assurer nous-même la sécurité de notre pays » nous précise le général Zamraï, commandant la 3ème brigade du 201ème corps de l’armée nationale Afghane.

Concrètement, après avoir isolé la zone d’action, il s’agit pour les forces de sécurité afghanes conseillées par les OMLT français de se déployer dans le village de Landakhel afin de réaliser des opérations ciblées de recherches d’insurgés. Le dispositif est rodé et la coordination entre les deux entités fonctionne parfaitement : tandis que les militaires afghans du kandak 32 sécurisent le périmètre, la police effectue elle-même la fouille des maisons.

La première fouille ne donnera rien. Les insurgés ne se montrent pas, mais les sapeurs afghans découvrent aux abords du village un engin explosif improvisé.

La mission continue. Un deuxième compound qui avait été préalablement identifié nécessite l’investigation des forces de police. Le commandant d’unité du kandak 32 nous explique sa façon de procéder : « nous discutons d’abord avec les anciens du village ; nous leurs expliquons qu’avec la police, nous sommes la pour sécuriser leur région et que nous sommes à leur service. Le propriétaire de cette maison m’a dit que nous pouvions fouiller son habitation et qu’il était la pour nous aider dans notre lutte contre les insurgés ».

Des classes « Bac Pro » ouvrent à Saintes

À partir de septembre 2010, l’école d’enseignement technique de l’armée de l’air (EETAA) de Saintes ouvre deux classes de préparation au baccalauréat professionnel aéronautique MSC (mécanicien système cellules).

Cette création correspond à l’ouverture depuis mai 2009 du recrutement sous-officier aux titulaires d’un bac professionnel. La diversification des parcours scolaires de l’EETAA conforte la vocation de l’établissement à préparer, dans de bonnes conditions, des jeunes élèves à un baccalauréat en vue de poursuivre une carrière de sous-officier dans l’armée de l’air.

Les élèves qui intégreront ce nouveau cursus (deux classes de 12 élèves chacune) disposeront du même statut que leurs camarades des filières générales scientifique et technologique. Ils bénéficieront également de tous les matériels pédagogiques nécessaires à leur formation.
L’ensemble du recutement des 180 élèves techniciens de l’armée de l’air se fera par concours en mai 2010 sur épreuves communes basées sur les programmes des classes de seconde générale, technologique et professionnelle.

Pour plus de renseignements, contactez le CIRFA (centre d’information et de recrutement des forces armées) bureau «Air» le plus proche de chez vous au numéro Azur 810.715.715 (prix d’un appel local).