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jeudi 4 mars 2010

En Afghanistan, les Tigres tirent (en moyenne) tous les dix jours



Le lieutenant-colonel (Alat) François d'Argaignon, qui a commandé récemment le bataillon d'hélicoptères français à Kaboul, a présenté cette semaine un bilan à la presse.

La "Task Force Mousquetaire" est une unité interarmées de 136 personnes qui dispose de onze hélicoptères. On compte trois Gazelle Viviane-Hot pour la reconnaissance, trois Tigre HAP pour l'appui-feu (dont c'est le premier engagement opérationnel), trois Caracal EC725 et deux Cougar AS532 pour hélicoptères de manoeuvres (HM). Le bataillon comprend également un détachement de commandos de l'air et une cellule d'évacuation médicale.

Située sur l'aéroport de Kaboul, la TF Mousquetaire appuie la brigade française Lafayette, dont les points les plus éloignés sont à moins d'une heure de vol, en réalité de l'ordre de 20 à 30 minutes. Six appareils sont en alerte permanente : 2 Tigre, 2 Gazelle et 2 HM.

Les conditions de vol sont difficiles, surtout en été, à cause de l'altitude et de la chaleur : jusqu'à 40°C alors que Kaboul est à 1800 mètres d'altitude. La portance en est d'autant réduite, d'où la nécessité d'allèger les machines. S'y ajoute l'étroitesse de la zone d'action qui oblige à "sillonner toujours la même zone", obligeant les équipages à des "varientements de points de passage" pour éviter les embuscades. A cet égard, la menace sol-air reste faible, même si des tirs à l'arme légère contre les appareils sont régulièrement signalés. Pour l'heure, aucun d'entre eux n'a été sérieusement touché. Les roquettes RPG constituent une menace redouable surtout dans les phases d'approche et de stationnement. Aucun missile sol-air n'a été signalé. Ajoutez la poussière et les nuits très sombres (80 % d'entre elles sont au niveau 4 ou 5) pour se figurer le tableau.

En six mois (9 juillet - 10 janvier), le bataillon a effectué 2300 heures de vol - ce qui signifie qu'en moyenne chaque hélicoptère vole plus d'une heure chaque jour. Ils ont réalisé 1310 missions (7 par jour) dont 219 sur alerte, dont 84 évacuations sanitaires. Les missions sont relativement courtes : entre une et deux heures de vol à chaque fois.

L'été 2009 a vu le premier engagement opérationnel du nouvel hélicoptère de combat Tigre. Les trois appareils sont arrivés le 26 juillet à bord d'un seul Antonov-124. La taille gigantesque de la soute permet de limiter le temps d'embarquement (3 heures) et de débarquement (2 heures). Le premier vol a été effectué le 30 juillet et les Tigres ont obtenu leur "Full operational Capability" de la part des Américains le 10 aout. Le premier engagement au feu a eu lieu le 20 aout, dans la vallée d'Uzbine, lorsqu'un appareil a été pris à partie à la mitrailleuse et a riposté à la roquette. Le Tigre est armé d'un canon de 30 mm pour le tir de précision et de roquettes de 68 mm pour le "traitement zonal"... Les hélicoptères ne volent jamais seuls : les Tigres volent par deux ou peuvent le faire avec une Gazelle ou un HM, avec un "gunner" (mitrailleur de sabord). En six mois, les Tigres ont effectué 240 missions. Leur rôle est celui d'appui direct, selon la pprocédure Otan de "close combat attack" qui ne nécessite pas la présence au sol d'un contrôleur avancé (Jtac).

La présence d'un hélicoptère dans les parages suffit parfois à faire décrocher l'adversaire, mais néanmoins les Tigres ont tiré "assez souvent", de l'ordre de trois fois par mois.

La disponibilité des appareils est excellente, de l'ordre de 93%. Au terme de 400 heures de vol, qui nécessitent une grande visite technique, les trois Tigres seront rapatriés en France à partir de mars, mais ils seront remplacés par d'autres machines sur le théâtre afghan.

La Task Force Mousquetaire fournit l'essentiel de l'appui en hélicoptère de la brigade française, sauf lorsqu'il faut déplacer des troupes. Dans ce cas, ce sont les hélicoptères lourds Chinook de l'US Army qui sont appelés à la rescousse.

La Défense pourrait perdre la Sécu des militaires

Selon nos informations, un décret en cours de rédaction pourrait retirer la tutelle de la Caisse nationale militaire de sécurité sociale (CNMSS) au ministère de la Défense. Elle passerait à celui des affaires sociales. La Défense perdrait ainsi l'essentiel de son droit de regard sur l'assurance maladie des militaires.

[Au vu des réactions nombreuses et virulentes, il ne me semble pas inutile d'insister sur le fait que cette décision, si elle se confirme, ne changera rien en pratique dans le fonctionnement de l'assurance maladie des militaires. Il s'agirait d'un changement de tutelle, important au plan des symboles, mais pas une remise en cause du système existant.]

La CNMSS est un vrai-faux régime spécial. Particulier, il ne l'est pas dans les droits ouverts aux assurés, comme à la SNCF ou à la RATP, mais uniquement dans son mode de fonctionnement autonome. C'est un héritage de l'histoire. Lorsque la sécurité sociale a été créée en 1945, les militaires restèrent à l'écart. Ce n'est qu'en 1949 que fut créé l'établissement public administratif chargé de gérer l'assurance maladie (et maternité) des militaires, de leurs familles et des retraités. Il applique strictement le régime général (cotisations et prestations) et y est intégré financièrement depuis 1997.

Les motifs qui ont prévalu à la création d'un régime autonome tenaient de l'impossibilité d'une gestion paritaire, en l'absence de syndicats dans les armées, ainsi qu'à la grande mobilité géographique des militaires. La CNMSS focntionne comme une caisse primaire unique et déterritorialisée.

L'enjeu du décret (s'il se confirme) n'est pas financier puisque la CNMSS fait déjà caisse commune avec le régime général de la Sécu, via l'Acoss. Il est essentiellement symbolique, en transférant à un autre ministère une fonction jusqu'à présent confiée à la Défense. La CNMSS a toujours fait l'objet d'un bras de fer entre la Défense et les Affaires sociales.

itSelon les derniers chiffres disponibles (2007), près d'un million de personnes en dépendent (946.909), la Caisse traitant environ 15 millions de dossiers par an. Longtemps déficitaire, elle est aujourd'hui en leger excédent - 26 millions en 2007. Son budget annuel est d'environ 1,8 milliards d'euros.

Installée à Toulon, la CNMSS est actuellement sous la tutelle de trois ministères : la Défense, les Affaires sociales et les Finances. Son directeur est un fonctionnaire de la Défense, militaire ou civil. La caisse emploie 1300 personnes, à 95% des fonctionnaires civils du ministère de la Défense.

Jean-francois Huberdeau, officier de marine en retraite, ( que je remercie vivement) complète utilement nos informations : "La spécificité militaire de la CNMSS, c'est aussi de confier à une commission composée de militaires d'active et retraités de tous grades se réunissant une fois par semaine l'attribution d'aides ou de secours (12 millions d'euros, 10000 dossiers par an) pour compenser les prestations peu ou pas remboursées par l'assurance maladie, quand les sommes mises en jeu déséquilibre le budget familial. Ces prestations d'action sanitaires et sociales,qui existent dans tous les régimes de sécurité sociale, tiennent compte pour les militaires outre leur ressources financières, des contraintes spécifiques du métier( pour mission en opérations du conjoint ou célibat géographique imposé par exemple). Enlever la tutelle sur la CNMSS du ministère de la défense serait écarter ce dernier de la définition du budget de ce type de prestations et des modalités de leur attribution. Ce serait donc un recul de plus dans la condition militaire".