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mercredi 1 août 2012

Les bases aériennes ont une histoire

Armée jeune née dans la première moitié du XXe siècle, l’armée de l’air ne cesse d’évoluer, adaptant ses structures et son organisation face aux exigences nouvelles. Parmi celles-ci la fermeture de plusieurs bases, longtemps clés de voute d’un maillage territorial qui fut mis en place en 1932, alors à titre expérimental... Retour sur quelques moments clés de l’histoire de quatre d’entre elles.
Assez curieusement, le destin aéronautique des sites de Metz et Cambrai est lié à l’histoire des conflits mondiaux et plus encore à la volonté de l’Allemagne d’en aménager les terrains afin de pouvoir accueillir des éléments de sa flotte militaire. Le camp de Frescaty, au sud-ouest de Metz, dans une Lorraine occupée depuis la défaite de 1870, voit s’ériger en début 1909 un immense hangar qui reçoit, à l’été, son premier Zeppelin. Dès lors, le site ne cesse d’évoluer. Les plus lourds que l’air s’installent l’année suivante tandis que le camp devient une base d’entraînement pour les jeunes pilotes allemands en formation. Aux premières heures du conflit, l’aérodrome de Frescaty devient le théâtre du premier bombardement du front occidental avec l’attaque du hangar le 14 août 1914 par le lieutenant Césari et le caporal Prudhommeaux. Centre névralgique de l’aéronautique allemande, l’aérodrome voit passer nombre d’as allemands dont le célèbre Baron Rouge, Manfred von Richtofen. Les installations sont récupérées par la France après la guerre et c’est ainsi que le 11e Régiment d’Aviation de Bombardement, créé en 1920 et qui compte dans ses rangs le caporal Jean Mermoz, y stationne. Le terrain d’aviation ne cesse de s’étendre pour devenir, le 31 mai 1934, base aérienne 111 et  abriter le commandement de la 1ère région aérienne ainsi que les états-majors des 8e et 11e Brigades Aériennes et du 11e Régiment d’aviation de bombardement. Après la défaite de 1940, les installations repassent aux mains des allemands qui les défendent âprement jusqu’en novembre 1944, où les aviateurs américains s’en emparent. L’armée de l’Air ne reprend finalement possession des bâtiments que le 29 mai 1945. Elle entreprend alors d’importants travaux de modernisation avec la construction d’une piste en dur, inaugurée le 20 juillet 1951. Désormais les escadrons de chasse se succèdent tandis que la base adopte la dénomination de base opérationnelle 128, « Lieutenant-colonel Dagnaux », le 1erdécembre 1955. Dix ans plus tard, l’état-major de la Force Aérienne Tactique y est transféré, conférant ainsi une place majeure à la BA 128. Depuis, cette dernière a vu nombre d’unités passer dans ses murs dont l’escadron de liaison aérienne 41, l’escadrille électronique 1/54 Dunkerque, l’escadron d’hélicoptères 2/67 Valmy et bien d’autres encore avant que sa fermeture ne s’effectue à l’été 2012.
Même si la ville de Cambrai voit naître, en 1872, l’un des pères fondateurs de l’aéronautique, Louis Blériot, les Allemands sont à l’origine de la mise en chantier d’une véritable base aménagée pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces derniers construisent trois pistes en béton sur le terrain d’Épinoy afin d’accueillir des bombardiers Dornier 17 puis plus tard des Focke-Wulf FW 190. En septembre 1944, la Royal Air Force prend possession des lieux, y stationnant pour quelque temps des Mosquito. Avec la fin de la guerre s’ouvre une période d’abandon avant que l’armée de l’Air ne décide de réactiver le site mais en ne conservant que l’une des pistes. Une nouvelle base aux normes Otan est mise en chantier à partir de 1952. Un an plus tard, celle-ci peut accueillir l’escadron de chasse 1/12 Cambrésis tandis que le 2/12 Picardie et le commandement de la 12e escadre de chasse sont créés par la suite sur la base. Enfin, à l’été 1955, l’EC 3/12 Cambrésis rejoint la base de Cambrai, la 12e EC est alors engagée dans les opérations d’Algérie. Le 21 mars 1959 la base aérienne 103 de Cambrai adopte l’appellation « Commandant René Mouchotte ». La 12e escadre est dotée au cours des décennies suivantes d’Ouragan, de Mystère IV A, de Super Mystère B2, de Mirage F1C avant de réceptionner en 1992 des Mirage 2000 C RDI. Elle participe à de multiples opérations extérieures telles « Manta », « Epervier », « Méteil », « Alysse » pour n’en citer que quelques-unes, avant que la 12e EC ne soit dissoute le 30 juin 1995. Entre-temps, la création de l’Escadron de Défense Sol-Air 13.950 Somme, en janvier 1987, sur la BA 103 avait donné à cette dernière une nouvelle dimension. Toutefois, sa fermeture est programmée pour l’été 2012.
Les bases de Brétigny-sur-Orge comme de Nice ont connu une destinée bien différente. La base de Brétigny est issue d’un camp d’aviation militaire en 1938. Les premières infrastructures aéronautiques sont cependant réalisées par les Allemands pendant l’occupation et ce n’est qu’après la fin du second conflit mondial que le Centre d’Essais en Vol s’implante sur le site. La mise en chantier d’une piste de 3 000 mètres, alors la plus grande d’Europe, est achevée en 1949. C’est d’ailleurs là que Jacqueline Auriol devient la première Française à franchir le mur du son, sur Mystère II, le 31 mai 1955.  Le Centre Spatial de Brétigny, chargé de la gestion et du suivi des satellites, ne demeure sur le site que trois petites années après sa création en 1966.  Cependant, ce n’est que dix ans plus tard que l’armée de l’Air vient s’installer à Brétigny qui devient alors BA 217 « Colonel Félix Brunet ». De nombreux services œuvrant dans des domaines aussi variés que l’approvisionnement des matériels du Commissariat de l’Air, le recrutement, les télécommunications, l’informatique mais aussi la recherche médicale aérospatiale rejoignent à des dates diverses la BA 217. Le départ du CEV en 2004 pour les sites d’Istres et de Cazaux est alors le premier signal de la fin programmée d’une base qui avait su s’imposer comme un site d’importance.
Le site de la BA 943 « Capitaine Auber » de Nice est sans doute moins connu que ceux évoqués précédemment. Installée à Roquebrune-Cap-Martin, la BA 943 a pour mission d’assurer le support du Centre de détection et contrôle 5/943, lui-même construit au sommet du Mont-Agel, près de Nice. Ce CDC est chargé de surveiller l’activité aérienne dans le sud-est de la France et de la façade méditerranéenne. Ce site a vu le jour au lendemain de la Libération alors que la Marine installe une station radar à Saint-Jean-Cap-Ferrat que l’armée de l’Air récupère par la suite en 1949. Cette dernière complète l’implantation avec un  nouveau radar qu’elle aménage à plus de 1 000 mètres d’altitude dans un ancien fort sur le Mont-Agel. La Base de défense aérienne 943 voit le jour en 1960 et ne devient BA 943 que quatre ans plus tard. Le CDC 5/943 est alors équipé d’un radar de recherche à deux dimensions et d’un radar en trois dimensions « Palmier » auquel vient s’adjoindre le STRIDA en 1977. Pour ce dernier site une page se tourne désormais après bien des années de bons et loyaux services.
Par Marie-Catherine Villatoux, SHD/DEE/Bureau Air

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