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jeudi 4 avril 2013

Pau : le tribunal a rejeté des demandes d'indemnisation d'anciens militaires irradiés


Le tribunal administratif de Pau a débouté ce jeudi matin la plupart des veuves et anciens militaires irradiés lors d'essais nucléaires. Ils disent se "heurter à une chape de plomb"
Saisi par huit veuves et anciens militaires malades, tous originaires des Pyrénées-Atlantiques, des Landes, du Gers et des Hautes-Pyrénées, le tribunal administratif de Pau a débouté hier la plupart de ces irradiés des essais nucléaires réalisés dans le Sahara algérien et en Polynésie française à partir de 1960.
Ces huit personnes attaquaient le ministère de la Défense afin que soit annulé le rejet de leur demande d’indemnisation auprès du Civen. La juridiction a rendu sa décision pour sept dossiers (celle concernant le huitième a été mise en délibéré au 11 avril) : seules deux personnes – une veuve landaise et un ancien militaire gersois – ont obtenu que leur cas soit réexaminé par le Civen. Les requêtes des cinq autres ont été rejetées.

Il en va ainsi pour Claude Ferrer, un Landais de Saint-Justin de 66 ans. En 1970, il était militaire sous contrat sur l’atoll d’Hao, au large de Mururoa où furent réalisés près de 200 essais nucléaires entre 1966 et 1996. «Huit essais y ont été tirés pendant les six mois où je suis resté», raconte cet homme qui ne cache pas sa déception dans le hall du tribunal. Depuis près de trente ans, il lutte contre un cancer de la peau.
«Le plus terrible, c’est que l’on s’attendait à être déboutés car le système d’indemnisation des irradiés [né de la loi Morin adoptée en janvier 2010, NDLR] a été pensé pour cela. L’esprit de la loi a été perverti par des décrets d’application injustes», accuse-t-il, reprenant l’un des principaux arguments de l’Aven, l’association des vétérans des essais nucléaires qui se bat pour l’indemnisation des victimes et a lancé une pétition pour faire modifier la loi Morin.La présomption de causalité entre l’irradiation et la maladie, pourtant promise aux victimes par l’Etat, a ainsi disparu des textes officiels. Lesquels ont retenu des critères qui excluent la plupart des demandes d’indemnisation: à ce jour, 99% des dossiers déposés au Civen ont été rejetés. Car le comité retient avant tout « la valeur dosimétrique » des radiations reçues par les victimes pour statuer.
Or, de nombreux irradiés n’ont jamais été équipés de dosimètre pendant leur mission. De plus, beaucoup ont fait l’objet d’un suivi médical très limité.« Cela fait des années qu’on se heurte à une chape de plomb. Ceux qui étaient hier dans l’opposition, et nous promettaient de faire avancer les choses pour une modification de la loi, nous ont totalement oubliés depuis qu’ils sont au pouvoir. Plus personne ne parle de nous et encore moins des effets actuels des essais: beaucoup d’enfants naissent avec des malformations et de graves problèmes de santé, aujourd’hui, en Polynésie française», accuse Claude Ferrer. Comme les autres irradiés déboutés, il peut faire appel du jugement du tribunal administratif

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