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vendredi 24 mai 2013

Plus de 3 milliards d'euros mobilisés

Une conférence de pays donateurs a réuni mercredi à Bruxelles environ 3,25 milliards d'euros pour aider le Mali à relancer son économie et ses institutions après la guerre, a annoncé mercredi François Hollande.



La somme de 3,25 milliards (plus de 4 milliards de francs) est supérieure aux objectifs des organisateurs de la conférence, l'Union européenne, la France et le Mali, qui ambitionnaient de lever environ 2 milliards d'euros pour les années 2013-2014.


Arrivée au Mali de Valérie Trierweiler


Valérie Trierweiler, compagne du président François Hollande, est arrivée mercredi soir au Mali pour une visite de 48 heures à l'invitation de Minétou Traoré, l'épouse du président malien de transition, Dioncounda Traoré, a constaté un journaliste de l'AFP.

Accueillie a l'aéroport de Bamako par Mme Traoré, Valérie Trierweiler a déclaré à la presse que sa présence au Mali était «un très beau symbole» alors que MM. Hollande et Traoré étaient mercredi à Bruxelles pour assister à une conférence des donateurs qui a promis plus de 3 milliards d'euros pour le Mali.
Lors de cette visite au Mali, Mme Trierweiler qui s'est dite «très, très heureuse d'être là», a indiqué qu'elle allait y «voir un certain nombre de choses sur le terrain», sans toutefois préciser lesquelles.

Son entourage avait indiqué qu'elle s'intéresserait pendant son voyage au soutien aux enfants et aux femmes, mais aussi aux «populations déplacées» du fait de la guerre.


Mme Trierweiler a déjà témoigné de son engagement sur les questions d'éducation et de jeunesse lors de déplacements en France, mais jamais encore à l'étranger. Pour l'instant la Première dame ne s'était rendue en visite hors des frontières qu'aux côtés de François Hollande. Valérie Trierweiler honore ainsi une invitation que lui avait lancée Minétou Traoré lors d'un récent passage à Paris. Les 108 pays et institutions participant à la conférence «Ensemble pour le renouveau du Mali» ont été plus généreuses qu'attendu. Les autorités de Bamako avaient fixé à 1,96 milliard la contribution internationale à l'ambitieux Plan pour la Relance durable du Mali, destiné à remettre en marche le pays sur deux ans (2013-2014).

Le président malien Dioncounda Traoré a chaleureusement exprimé «la reconnaissance et la gratitude» du peuple malien envers la communauté internationale. «Nous sommes tous ensemble pour la reconstruction du Mali!», s'est-il félicité en saluant au passage son «ami» et son «frère» le président français François Hollande.

Coorganisée par l'Union européenne (UE) et la France, la conférence était destinée à ouvrir une deuxième phase de la résolution de la crise malienne. Cinq mois après le début de l'intervention armée française, «nous devons maintenant réussir la paix», a résumé M. Hollande.

«Le constat est simple: il n'y aura pas de sécurité et de stabilité durable sans développement et sans démocratie. Il faut donc agir de front sur les trois côtés du triangle: sécurité, démocratie, développement», a expliqué le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Priorité: les services de base

L'une des priorités est de mobiliser rapidement les moyens nécessaires pour lancer des projets urgents destinés à «rétablir les services de base», comme l'eau, l'électricité ou l'éducation. Ce sont des «conditions indispensables pour redonner confiance» à la population malienne, en particulier dans le nord du pays, a souligné le Commissaire européen chargé du Développement, Andris Piebalgs.
L'Union européenne reste le principal bailleur de fonds en apportant une aide de 520 millions d'euros pour 2013-2014. La Banque Mondiale et la Banque islamique de Développement vont participer à hauteur de 250 millions d'euros chacune, tandis que des dizaines de pays, dont les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni ou la Suisse, vont également accroître leur soutien, sous la forme de dons ou de prêts.


Quant à la France, partenaire historique du Mali, son aide s'élève à 280 millions d'euros, selon M. Hollande. Le chef d'Etat français l'a qualifiée d'«effort important à un moment où nous connaissons des difficultés financières». A cette occasion, la France va lancer un dispositif, avec un site internet, afin de garantir l'efficacité de son aide et d'éviter le détournement ou la mauvaise utilisation des fonds.

«Si un projet ne se réalise pas ou est en retard, les gens pourront prévenir par téléphone ou sms, via une hotline, de ce qui n'a pas encore été fait. Cela permettra aussi de décentraliser le suivi citoyen de l'aide et favorisera l'appropriation par les Maliens des projets», a expliqué le ministre au Développement, Pascal Canfin.

Le président Traoré tente de rassurer

Le président Traoré a également tenté de rassurer sur la transition démocratique. Il a annoncé sa détermination à organiser le premier tour de l'élection présidentielle le 28 juillet, comme le souhaitait la communauté internationale.
La principale difficulté sera d'organiser le scrutin dans le nord du pays, qui n'est pas encore totalement pacifié et est en partie contrôlé par le mouvement touareg MNLA, qui réclame une large autonomie pour la région de l'Azawad. «Organiser les élections dans le Nord représente un sacré défi à relever, et le temps presse», a fait remarquer un diplomate européen.

Par ailleurs, Gerard Koenders, ancien ministre néerlandais du Développement, va être nommé émissaire spécial des Nations unies pour le Mali et chef de la mission de maintien de la paix de l'ONU dans ce pays, a-t-on appris de source diplomatique. M. Koenders est actuellement chef de la mission de maintien de la paix de l'ONU en Côte d'Ivoire.

50 millions par la Suisse

Lors de la Conférence des donateurs pour le Mali, la Suisse a annoncé mercredi qu'elle allait apporter son soutien à hauteur de 50 millions d'euros (environ 60 millions de francs), ce qui la place parmi les donateurs les plus importants. La priorité de l'aide helvétique sera axée sur les droits de l'homme et la situation humanitaire.

«La Suisse soutient le Mali depuis des années par sa présence et son engagement sur le terrain, engagement qui n'a jamais failli, même aux heures les plus sombres de la crise», a rappelé le secrétaire d'Etat Yves Rossier dans son allocution à la Conférence à Bruxelles.

«Ce qui se passe au Nord du Mali est une menace, non seulement pour toute la région, mais également pour l'Europe elle-même. L'instabilité politique, les violations des droits de l«homme, les entraves au développement et les trafics de tous ordres constituent un terreau propice au terrorisme et au fanatisme religieux», a déclaré le no 2 du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Les 50 millions d'euros viennent s'ajouter à l'aide au développement traditionnellement budgétisée pour le Mali, pays prioritairement soutenu depuis 35 ans par Berne. De 2007 à 2011, le budget annuel de la Direction du développement et de la coopération (DDC) se montait à 15 millions de francs. Il a été relevé à 20 millions pour la période de 2012 à 2015.

Ces 50 millions supplémentaires annoncés par M. Rossier seront notamment utilisés pour le soutien au déploiement d'observateurs des droits de l'homme. Il s'agit de «protéger les populations locales (...) effort, indispensable à la réconciliation», a affirmé le diplomate.
Renforcement de l'engagement au Nord

L'autre priorité, «l'aide humanitaire au Nord du Mali demeure un défi considérable», selon M. Rossier. Berne renforcera justement dans l'ensemble son engagement dans ces régions du Nord.

Le CICR, soutenu par la Suisse, est l'une des rares agences restée active sans interruption au Nord du Mali et fournissant des services de base à la population. «La Suisse poursuivra ses efforts afin de faciliter le retour et la réintégration des personnes déplacées dans le Nord», a souligné le secrétaire d'Etat du DFAE dans son discours.

La Suisse poursuivra également son soutien au processus politique prévu par l'ONU, «soit l'ouverture d'un processus de négociation et la conduite d'un dialogue politique inclusif», a-t-il ajouté.
La Confédération promeut par ailleurs l'aide budgétaire sectorielle décentralisée, «condition d'un Etat malien plus performant dans la fourniture des services publics de proximité», a poursuivi M. Rossier. «Nous finalisons, avec le gouvernement malien et la Banque mondiale, un accord prévoyant un soutien aux communautés urbaines, à Mopti et Tombouctou notamment», a-t-il annoncé.

Apprendre des erreurs du passé


«Tous nos efforts resteront toutefois vains si nous ne tirons pas les enseignements du passé et des erreurs que nous avons tous commises. Parce qu'il n'y a pas de véritable développement sans bonne et saine gouvernance, le nouveau Mali doit être un Etat au service de toute sa population», a encore insisté le haut représentant du DFAE.

«Ne nous leurrons pas: la réponse à la menace terroriste ne saurait être uniquement militaire (...) le seul remède durable à cette menace (...) est une véritable solution politique». Et le dialogue doit être ouvert à tous ceux qui renoncent au terrorisme afin d'assurer un Mali uni, laïc, démocratique, accordant sa place à chacune de ses communautés, selon lui.



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