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lundi 10 juin 2013

Le nouveau Premier ministre pakistanais veut faire cesser les attaques de drones



Selon le groupe de réflexion New America Foundation, il y aurait eu 355 frappes de drones au Pakistan, pour un bilan évalué entre 2.000 et 3.400 morts, en très grande majorité des combattants islamistes.
Le dernier haut  responsable jihadiste tué il y a quelques jours par une frappe aérienne au Nord-Waziristan est Wali ur-Rehman, le numéro deux du mouvement taleb pakistanais (Tehrik-e-Taliban Pakistan, TTP), responsable d’une vague d’attentats ayant fait quelque 6.000 tués dans l’ensemble du pays depuis 2007.
Stratège et pièce maîtresse du mouvement jihadiste, Wali ur-Rehman était recherché par les Etats-Unis, qui avaient offert 5 millions de dollars pour toute information pouvant mener à sa capture.
Après la confirmation de sa mort, le 29 mai, par le TTP, Washington a rappelé qu’il avait “participé à des attaques transfrontalières en Afghanistan, contre des soldats américains et de l’Otan, et à des attentats horribles contre des civils et des soldats pakistanais” et qu’il était “recherché en relation avec le meurtre de sept Américains le 30 décembre 2009″, lors de l’attaque suicide contre la base opérationnelle avancée Chapman, dans la province afghane de Khost.
“Bien que nous préférions l’interpellation et les poursuites en justice de terroristes, l’action létale est parfois nécessaire pour protéger des vies américaines”, a expliqué John Kerry, le secrétaire d’Etat. “Nos actions sont légales. Nous avons été attaqués le 11 septembre 2001, et une semaine après, le Congrès a autorisé l’usage de la force. En termes de législation nationale et de droit international, les Etats-Unis sont en guerre avec Al-Qaïda, les talibans et leurs affidés”, a-t-il ajouté, le 31 mai.
Ce que Nawaz Sharif, dont le parti “Ligue Musulmane” a gagné les dernières élections générales pakistanaises, conteste. Nommé Premier ministre pour la troisième fois en 20 ans (il l’a été lors des périodes 1990-1993 et 1997-1999), ce dernier n’a pas exclu de mener des pourparlers de paix avec le TTP, à condition toutefois que ce processus soit approuvé par l’armée. Or, Wali ur-Rehman aurait pu être un interlocuteur crédible, si l’on en croit les observateurs de la scène politique du pays.
D’où sa condamnation de la frappe qui a tué le n°2 du TTP. “L’attaque de drone n’était pas seulement une violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays”, mais aussi “une violation du droit international et de la Charte des Nations unies”, a-t-il fait savoir, dans un communiqué publié par le service de presse de son parti le même jour que la déclaration du chef de la diplomatie américaine.
Lors du vote solennel du Parlement pakistanais au cours duquel il a été désigné à la tête du gouvernement, Nawaz Sharif a répété son opposition aux frappes aériennes américaines dans son pays. “Le chapitre des attaques quotidiennes de drones quotidienne doit cesser”, a-t-il. “Nous respectons la souveraineté des autres pays, mais les autres devraient également respecter notre souveraineté”, a-t-il insisté.
Mais cela n’a pas eu l’air de changer quoi que ce soit puisque le lendemain, un nouveau raid aérien a été lancé au Nord-Waziristan, ce qui a conduit le chargé d’affaires américain à Islamabad, Richard Hoagland, à s’expliquer au ministère pakistanais des Affaires étrangères, où il lui a été répété “que le gouvernement du Pakistan condamne fermement les frappes par des drones, qui constituent une violation de la souveraineté du Pakistan et de son intégrité territoriale.”
A dire vrai, la politique suivie par Islamabad à l’égard des attaques de drones contre les groupes jihadistes implantés au Pakistan n’a pas toujours été claire. Ainsi, après les attentats du 11 septembre 2001, les drones américains opéraient directement depuis la base pakistanaise de Shamsi, dans le Balouchistan, avec l’accord des autorités de l’époque, dirigée par le général Pervez Musharraf, qui avait justement démis Nawaz Sharif de ses fonctions de Premier ministre à la faveur de son coup d’Etat mené en 1999.

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