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jeudi 10 octobre 2013

Pour Jean-Yves Le Drian, l’armée française sera la “première d’Europe” en 2019

En 2008, il avait été avancé que la suppression de 54.000 postes au sein du ministère de la Défense allait permettre de faire un effort conséquent sur les équipements des armées afin de doter ces dernières de matériels performants et modernes et d’améliorer la condition des militaires.
Le ministre de l’époque, Hervé Morin, expliquait qu’il fallait consacrer davantage de moyens aux fonctions opérationnelles aux dépens du soutien et de l’administration grâce à des mutualisations et à “l’interarmisation” et que, prenant pour référence la chute du Mur de Berlin et ses conséquences, il était nécessaire d’adapter en permanence les armées aux nouvelles menaces et les préparer aux guerre de demain et pas à celle d’hier.
Les années et les gouvernement passent, les restructurations de l’outil de défense se suivent mais les “éléments de langage” restent. Ainsi, Jean-Yves Le Drian, l’actuel ministre de la Défense, a tenu,  ce 4 octobre, sur les ondes de RTL, des propos que n’aurait pas renié Hervé Morin, pour justifier la suppression de 23.500 postes supplémentaires et défendre le projet de Loi de programmation militaire pour la période 2014-2019.
“On n’est pas dans la situation de la guerre froide, les menaces ont changé et il faut s’y adapter”, a-t-il ainsi affirmé. Voilà donc un argument que et qui a justifié toutes les réformes qui ont touché les armées depuis 1992 et qui est ressorti à chaque nouvelle restructuration. La prochaine fois, il faudra penser à trouver autre chose…
Pour Jean-Yves Le Drian, “il nous faut des forces nouvellement équipées, modernisées” et capables “d’intervenir, d’être présentes sur un certain nombre de théâtres extérieurs et d’assurer en même temps la protection des Français et de notre territoire”.
Et cela, a-t-il poursuivi, amène, à “budget sanctuarisé” (en fait au même niveau jusqu’en 2016 étant donné que l’inflation ne sera pas prise en compte), un certain nombre de mesures de déflation.” Pour résumer, il s’agit de disposer de forces “plus compactes” et “modernes”. De toute façon, l’on voit mal un ministre dire le contraire pour vendre à l’opinion la réforme qu’il porte…
Qui plus est, selon M. Le Drian, la “qualité d’une armée ne se juge pas à son nombre” mais à des “effectifs équipés et à entraînés.” Et d’ajouter : “C’est la logique qui domine la loi de programmation militaire que je mets en oeuvre.” Si on la pousse jusqu’au bout, finira-ton par recruter Iron Man?
“L’armée de demain sera, à la fin du processus que j’ai engagé, la première armée d’Europe”, a encore avancé Jean-Yves Le Drian. “Il y aura 242.000 militaires en 2019 avec des équipements renouvelés et des capacités d’intervention nouvelle”, a-t-il insisté. Pour ce qui concerne l’Union européenne, sans doute. Encore qu’il faudra voir ce que feront les Britanniques. Mais c’est faire peu de cas de le Russie, sauf à considérer qu’elle ne fait pas partie du Vieux Continent (il y a débat à ce sujet)…
Quoi qu’il en soit, le ministre de la Défense a assuré que les forces françaises seront en mesure de “mener (…)  deux opérations (comme celle) du Mali en même temps” car elles “seront renforcés dans leur qualité et leurs performances.” Et cela alors que les effectifs projetables de l’armée de Terre seront ramenés à 66.000 personnels.
Cela étant, l’optimisme du ministre n’est pas partagé – loin de là – par d’anciens généraux qui ont retrouvé leur liberté de parole. C’est le cas de ceux regroupés au sein des “Sentinelles de l’Agora”, qui ont diffusé un manifeste au ton corrosif, ou encore celui du général Vincent Desportes, ancien directeur de l’Ecole de Guerre (Collège interarmées de défense, CID, à l’époque).
“C’est comme un élastique. On peut tirer dessus pendant un certain temps, mais à la fin, il casse”, a-t-il affirmé, le 3 octobre. “Nous avions un modèle de forces qui tentait de répondre à une vaste étendue de missions différentes, là ce n’est plus possible. Je crois que nous n’aurons plus les moyens de notre ambition”, a-t-il expliqué. “Le désarmement général des nations européennes avait fait émerger la France comme une puissance militaire, ce qui était bien dans sa tradition. Là je crois que nous rentrons dans le rang et c’est préjudiciable tant aux intérêts de la France qu’à ceux de l’Europe”, a-t-il aussi estimé.
Le G2S, “groupe de généraux en 2° section ayant exercé des responsabilités et poursuivant à titre bénévole l’étude et la présentation des enjeux de défense”, a publié une critique du dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (LBDSN) sur le site de La Saint-Cyrienne, une assocition d’anciens élèves de l’Ecole spéciale militaire (ESM).
L’exercice n’est pas une entreprise de démolition systématique étant donné qu’il souligne les bons et les mauvais points du LBDSN. Et c’est d’ailleurs là son intérêt. Qu’en pense alors le G2S? Il souligne surtout l’inadéquation des moyens avec les objectifs affichés :
“Les réductions d’effectif ne reposent sur aucune démonstration, autre que budgétaire; elles seraient même contredites par l’ampleur des contrats opérationnels ou, plus exactement, par la dimension des missions qui incombent aux armées. Aucun facteur opérationnel ou militaire crédible ne justifie l’abaissement du contrat de l’armée de terre de 30.000 h. à 15.000 h. ou de celui de l’armée de l’air de 70 aéronefs de combat à 45. La justification d’une réduction supplémentaire de 24.000 h., après les 54.900 h. de la RGPP est inexistante (…). Elle supprime toute marge de manœuvre aux armées dans la réalisation de leur contrat opérationnel et pour contrer les effets néfastes, pourtant dénoncés par le ministre actuel, d’une RGPP appliquée avec brutalité et inconséquence (le logiciel de solde Louvois en est un des exemples les plus démonstratifs). Elle contredit le rôle de la France dans le monde pourtant décrit par le LB avec brio et pertinence”.

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