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lundi 11 novembre 2013

ANT-TRN : Mali la mort des deux journalistes est un signal sans ambiguité envoyé à la France

Comment peut-on expliquer l’enlèvement puis l’assassinat des deux journalistes français au Mali ?
Notons que cet enlèvement et ces exécutions se sont déroulés en même temps que les forces maliennes et françaises conduisaient une vaste opération de contrôle de zone dans le nord du Mali, zone dans laquelle agissent différents groupes de« narco-islamo-terroristes ». Il s’agit d’un signal sans ambiguïté envoyé à la France.
Quelle en est la signification selon vous ?
Quatre mouvements touareg sont présents dans cette zone vaste comme une fois et demie la France : Le MNLA, Ansar Dine, AQMI et le MUJAO. Il y a inévitablement entre eux une lutte pour le partage du pouvoir. Leur but est donc de montrer leur force, leur capacité de nuisance, pour peser dans les discussions en cours en vue d’un règlement politique au Mali. La France, qui joue les facilitateurs entre le gouvernement malien et les Touareg se trouve, de fait, en première ligne. Chaque groupe ou mouvement touareg est ou a été plus ou moins narcotrafiquant, islamiste et terroriste.
Ce qui s’est passé était inévitable ?
La France a encore environ 3.000 hommes au Mali. À cet égard, il est incompréhensible d’annoncer à l’avance la réduction de nos forces. Ainsi, il est envisagé de ne laisser que 1.000 hommes à la fin de l’année, mais ce sont les événements qui imposeront à notre pays de maintenir des forces suffisantes, et il est encore trop tôt pour le savoir. Il est très difficile de contrôler ce vaste territoire avec quelques milliers de soldats, d’autant que les groupes narco-islamistes touareg sont des combattants courageux, connaissant bien le terrain et sachant se dissimuler dans la population. Ces groupes constituent un ensemble hétérogène qu’il faut essayer de diviser pour les affaiblir et les combattre plus efficacement.
La presse française évoquait dimanche l’hypothèse d’un différend financier entre groupes armés autour de la rançon qui aurait été versée pour obtenir la libération des quatre otages français. André Bourgeot, spécialiste des mouvements touareg dans la région, estimait que certains avaient pu se sentir grugés…
Je n’ai aucune information sur ce point. Mais il est certain que dans une prise d’otages, soit on ne donne rien et on agit en force, soit on négocie, et dans ce cas il peut y avoir des contreparties très différentes : économiques, politiques, financières, etc.
N’est-ce pas étrange que les ravisseurs aient abandonné leur véhicule près des deux corps des journalistes ?
Je n’ai pas d’éléments sur le déroulement précis de cet enlèvement et de cette exécution. Y avait-il un autre véhicule qui attendait les terroristes ? Ont-ils préféré fuir à pied pour se fondre dans la population ? N’oubliez pas qu’ils ne portent pas d’uniformes. La seule chose qui les différencie du reste de la population, c’est le port d’une arme. Si celle-ci est cachée, comment les reconnaître ? Les conditions d’opération sont donc très difficiles pour nos troupes. Il faut à la fois détruire l’ennemi et éviter les dégâts collatéraux. C’est forcément très délicat.
Notre présence au Mali et plus généralement en Afrique subsaharienne s’inscrit dans la durée. Nous y défendons à la fois nos intérêts et nos valeurs. Il faut l’expliquer aux Français.
Comment concilier une présence française opérationnelle avec une diminution des budgets de l’armée ? N’est-ce pas paradoxal ?
C’est d’autant plus paradoxal que le rapport du Sénat a pointé du doigt des capacités déjà insuffisantes pour mener à bien la première phase de l’opération Serval. Même si cette action initiale a été un remarquable succès pour nos forces, je vous rappelle que 70 % du transport aérien entre la France et le Mali a été assuré par nos alliés… Mais notre engagement n’est pas terminé car lorsqu’on engage des forces, c’est pour atteindre un but politique qui nécessite des moyens importants et dans la durée.
Depuis 25 ans, l’effort de défense de la France a été divisé par deux. Je vous assure que sur le terrain, cela se ressent. Nous avons besoin de renforcer notre efficacité opérationnelle et notre autonomie de décision. Sinon, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.
Quelles en seraient les conséquences concrètes ?
Vous voulez un exemple ? En 2024, l’armée de terre ne devrait disposer au mieux que de 68 hélicoptères de type NH90, nombre insuffisant pour maintenir nos capacités actuelles. Elle devra donc conserver certains de ses hélicoptères de type Puma qui auront alors, en 2025, près de 50 ans d’âge !
Les effectifs de l’armée vont continuer à décroître. Entre 2008 et 2019, les armées auront perdu 80.000 personnes. Aussi le Livre blanc de 2013 a ramené le contrat opérationnel de l’armée de terre de 30.000 hommes à 15.000 hommes et celui de l’armée de l’air de 70 à 45 avions de combat par rapport au contrat que fixait le précédent Livre blanc… Or, la France a le devoir d’agir, notamment en Afrique subsaharienne, pour contribuer à la stabilisation et à la sécurisation de ces pays. À défaut, ils ne connaîtront pas de développement économique. Et sans développement, l’explosion démographique annoncée de l’Afrique donnera lieu à des mouvements migratoires encore plus importants que ceux que nous connaissons aujourd’hui…
Général PINARD-LEGRY Président A.S.A.F 
Alain COUPERIE  Délégué A.S.A.F  Orne .

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