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vendredi 20 décembre 2013

Sangaris révèle déjà nos profondes lacunes capacitaires


S'il est bien trop tôt pour pouvoir avoir une idée précise du temps et du coût de l'opération Sangaris, il n'est
par contre pas très difficile d'observer d'ores et déjà les limites de l'outil de défense français, créées par l'accumulation des opex, qui empêche de régénérer miliaires et matériels, tout en creusant le puits sans fond des surcoûts opex. La France est en train de passer en surchauffe d'un point de vue global, et a déjà passé la côte d'alerte dans certains domaines, comme l'aéromobilité entendue à un sens large.

Si la France figure bien dans le tiercé des armées européennes (mais pas sur tous les points), c'est aussi celle qui est la plus engagée et la plus dispersée (1) en opex : encore 500 personnels en Afghanistan, 320 au Kosovo, 2800 au Mali, déjà 1000 en RCA... Sans compter toutes les forces prépositionnées et dans les départements et terres d'outremer. Si on n'en reste qu'aux opex, 7450 miliataires au 4 décembre comme présenté sur la carte ci-dessus, mais ils seront donc plus de... 8000 à la fin du weekend.
Ceci impacte le budget de la défense, et use prématurément les matériels, contraintes que n'ont pas nos alliés européens (donc leur capacité d'action est plus forte que la nôtre car ils n'ont pas nos contraintes). Sur le plan matériel, Serval a par exemple coûté deux Caracal à l'armée française, l'un serait irréparable, et l'autre, indisponible pour plusieurs mois.
Or il suffit de se pencher sur le rapports écrits sur la LPM et le budget pour découvrir la très faible disponibilité des hélicoptères de l'ALAT. La plupart des matériels sont en-dessous de 40%, et un tiercé (Tigre, Cougar, Caracal) avoisine même les 20% ! Aucun de ces chiffres n'a été contesté par qui que ce soit : ils sont tout bonnement effrayants. Mais étonnamment, cette situation incroyable ne déclenche rien.
La situation n'est pas meilleure sur le front des avions de transport tactique et d'assaut. Comme les hélicoptères, ils sont incontournables pour des opérations en Afrique. Mais la France n'a plus que 33 C-160 et 14 Hercules, dont la disponibilité tourne autour de... 50%. Et Serval continue à mobiliser des moyens de ce type pour ravitailler les plots au nord-Mali, où sont postés les deux tiers des troupes françaises.
Elles devront rester plus longtemps que prévu (c'est une évidence) et il faudra peut-être encore décaler l'objectif de réduction de 1000 hommes prévus en janvier (contre 2800) car l'armée française est toujours aux prises avec un adversaire fugace au Mali.
Maigre compensation à cette surractivité en train de virer à la surchauffe, la France vient de fermer son opération en Jordanie, gagnant 70 postes, et s'apprête à faire pareil au Kosovo (gain d'environ 300 postes).
Là où elle vient de s'engager pour au moins 1200 postes en Centrafrique, et sans doute donc bien plus très rapidement.
Le positionnement du Livre Blanc de 2013 est d'ores et déjà caduc, avec cette accumulation d'engagements et de théâtres.

(1) ce qui oblige à essaimer les lots de déploiement, et en fait, empêche de servir tous les théâtres avec les matériels majeurs, tout en pesant sur la disponibilité des matériels.

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