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jeudi 16 janvier 2014

Les déboires de l’ONU au Mali

Un soldat de la Minusma à Kidal, dans le nord du Mali, en juillet 2013. (Rebecca Blackwell/AP/SIPA)
Un soldat de la Minusma à Kidal, dans le nord du Mali, en juillet 2013. (Rebecca Blackwell/AP/SIPA)
L'ONU est dans de sales draps. Si la France a six mois de retard sur son calendrier de retrait des troupes, c’est en grande partie de la faute de l'organisation internationale. "L’effectif français est en cohérence avec la montée en puissance de la force des Nations unies", explique un officiel français, alors que François Hollande vient d’annoncer que l’on ne passera sous la barre des 2.000 soldats hexagonaux qu’en février. Un seuil initialement prévu pour la fin de l'été 2013, avant de tomber à 1.000 hommes sur place dès décembre.

Des renforts qui se font attendre

Or, au lieu de gagner des troupes pour atteindre l’objectif des 11.200 casques bleus qui lui a été assigné par le Conseil de Sécurité le 25 avril 2013, la Mission des Nations unies au Mali (la Minusma) en a au contraire perdu depuis qu’elle a pris le relais de la force africaine (la Misma) en juillet dernier : elle est passée de 6.300 à 5.539 militaires ! "Si tout va bien, elle pourrait disposer de 3.000 hommes de plus d’ici début avril", espère-t-on encore à Paris. C’est oublier qu’elle manque aussi cruellement de moyens financiers et logistiques et que seule la Chine et les Pays-Bas ont pour l'instant annoncé du renfort (ils ont respectivement promis d’envoyer 395 et 380 militaires et quatre hélicoptères de combat).

Un Monsieur ONU désavoué

Et encore, si les Hollandais débarquent, c’est "pour sauver la peau du représentant spécial de l’ONU, leur compatriote Bert Koenders", ironise un diplomate occidental. Le patron de l’ONU au Mali passe en effet un mauvais quart d’heure : si l’ensemble de ses partenaires lui apportent un soutien de façade tout en vitupérant en coulisses contre son inaction et son incompétence, il est en revanche ouvertement boycotté par le nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keita. Ce dernier refuse de le voir depuis son investiture en septembre dernier ! En novembre, il a même profité d’un incident pour demander sa tête : son Premier ministre avait dû renoncer à se rendre à Kidal, le fief des rebelles touaregs, où l’aéroport avait été pris d’assaut par des manifestants sous le nez des casques bleus.

Une mission jugée inopportune

Un bouc émissaire idéal pour ce président qui, en réalité, ne veut pas de cette force des Nations unies qu’il juge inutile. "Il estime que les opérations de maintien de la paix sont plus formatées pour des pays sans Etat, sans gouvernement", observe un connaisseur du dossier malien, "d'autant que ce n'est pas la Minusma qui va lutter contre les djihadistes". Signe de ce dédain, dans ses vœux à la nation le 31 décembre, Ibrahim Boubacar Keita a remercié tous les acteurs venus au secours du Mali… sauf l'ONU.
Sarah Halifa-Legrand - Le Nouvel Observateur

> Article paru dans "le Nouvel Observateur" du 16 janvier.

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