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samedi 1 mars 2014

Le Nigéria évoque une coopération avec la France pour lutter contre la secte jihadiste Boko Haram


 


La secte islamiste Boko Haram, a commis un nouveau massacre, le 25 février, en s’attaquant au lycée fédéral de la ville de Buni Yadi, qui accueille des jeunes de 11 à 18 ans. De sources médicales, 43 adolescents ont été tués. Les jihadistes n’étaient pas à leur coup d’essai. En septembre, ils s’en étaient pris au collège d’enseignement agricole de Gujba, dans la même région, et assassinèrent 40 élèves, qui ne demandaient rien à personne.
Les exactions de Boko Haram sont à la fois de plus en plus fréquentes et meurtrières. Cela alors que le président nigérian, Goodluck Jonathan, a lancé une vaste offensive contre ce groupe terroriste en mai 2013. Depuis, cette dernière n’a produit aucun résultat tangible. Pire même : le chef de ces jihadistes,  Abubakar Shekau, dont la tête a été mise à prix pour 7 millions de dollars par Washington, a même menacé de lancer des actions dans le sud du pays, riche en pétrole.

Visiblement, le Nigéria ne peut pas faire face seul à cette menace. “Boko Haram est mieux armé et plus motivé”, avait affirmé, la semaine passé, Kashim Shettima, le gouverneur de l’État de Borno, où les jihadistes ont multiplié les exactions ces derniers jours. Qui plus, la porosité des frontières, en particulier celle de 2000 km partagée avec le Cameroun, permet à ces terroristes d’échapper plus facilement à l’armée nigériane.

D’où l’appel lancé le 26 février par Abuja à une meilleure coopération régionale pour contrer les combattants de Boko Haram. “La participation du Cameroun à la force militaire internationale surveillant les frontières est un peu faible, permettant à leur frontière commune au Nord de devenir un refuge pour les insurgés”, a ainsi expliqué Labaran Maku, le ministre nigérian de l’Information.
“Ils frappent. Alors, nous les poursuivons, et ils se replient au Cameroun (…). Si nous avons une coopération étroite, oui, le Cameroun attend de l’autre côté avec ses soldats, s’ils (Boko Haram) fuient au Cameroun, (les soldats) les chassent, alors ils reviennent ici et nous serons capables de les suivre et nous règlerons ce problème”, a-t-il encore ajouté.

Mais ce n’est pas tout. “Je pense que nous avons besoin d’une coopération internationale avec les Français, avec les pays francophones d’Afrique de l’Ouest, de travailler ensemble pour régler ce problème avant qu’il ne devienne un problème majeur pour la France, pour les intérêts occidentaux en Afrique de l’Ouest”, a encore déclaré Labaran Maku. Et cela, à quelques heures de l’arrivée du président Hollande à Abuja en tant qu’invité honneur du centième anniversaire de l’unification du pays.

Selon le ministre nigérian, l’insurrection menée depuis 2009 par Boko Haram est de nature à affecter lourdement les intérêts français dans la région. Ces derniers “seront anéantis si nous permettons à ce terrorisme de prospérer”, a-t-il assuré.

Le fait est, rien que sur le plan économique, la Direction du Trésor précise que le Nigéria est  “la première destination” des investissement français “en Afrique subsaharienne”, notamment dans le domaine pétrolier ainsi que le premier partenaire commercial de la France dans cette région.
“Les exportations françaises sont très proches du niveau atteint avec l’Afrique du sud. Elles sont en croissance rapide : + 90 % en dix ans (2000-2009) comparés à +3 % vers l’ensemble du monde et + 15 % vers l’Afrique subsaharienne”, indique-t-elle aussi.

Selon son entourage , la lutte contre le terrorisme sera au menu de la visite du président Hollande au Nigéria. Il devrait, selon les confidences rapportées par l’AFP,  “assurer son homologue que la France se sent concernée par son combat contre le terrorisme” et que l’opération Serval et l’action d’Abuja contre Boko Haram sont “complémentaires”. Enfin, la France souhaite “et approfondir le dialogue en matière de renseignement” avec les autorités nigérianes.

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