Gilberto Rodrigues Leal est mort, selon un groupe de jihadistes. Quatre jours après la libération des quatre journalistes français retenus en Syrie, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest  (Mujao) a annoncé, mardi 22 avril à l'AFP, la mort de l'otage français enlevé au Mali en novembre 2012.
"Nous annonçons la mort de Rodrigues. Il est mort parce que la France est notre ennemie", a déclaré dans une brève communication téléphonique Yoro Abdoul Salam, un responsable du Mujao. Il n'a pas précisé quand, où et dans quelles circonstances l'otage était mort, pas plus qu'il n'a fourni de preuves de ce qu'il avançait. Les jihadistes évitent de s'attarder au téléphone par crainte d'être repérés.



Enlevé dans l'ouest du Mali

Selon les informations de France 2 obtenues auprès des autorités françaises, cet homme de 61 ans est mort il y a plusieurs mois, faute de soins. Ce Français avait été enlevé par des hommes armés près de Kayes (ouest du Mali) le 20 novembre 2012, alors qu'il circulait dans un camping-car venant de Mauritanie.
Dimanche, le chef de la diplomatie, Laurent Fabius, s'était dit "très inquiet" concernant le sort de cet otage. "Cela fait longtemps que nous n'avons pas eu de nouvelles. Nous avons des contacts avec la famille mais nous sommes effectivement très inquiets", avait déclaré le ministre des Affaires étrangères dans l'émission Le Grand rendez-vous d'iTélé, Europe 1, Le Monde.

"M. Rodrigues Leal est probablement décédé"

"La France fera tout pour connaitre la vérité sur ce qui est arrivé à Gilberto Rodrigues Leal et elle ne laissera pas ce forfait impuni", a assuré le président François Hollande dans un bref communiqué, dans la soirée. Selon l'Elysée, "il y a tout lieu de penser que notre compatriote est décédé depuis plusieurs semaines du fait des conditions de sa détention".
"Nous condamnons de la façon la plus ferme l'action de ce groupe terroriste", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay. "Le communiqué du Mujao, responsable de son enlèvement, nous conduit malheureusement aujourd'hui à penser que M. RodriguesLeal est probablement décédé, bien qu'aucune preuve matérielle ne puisse encore nous autoriser à le confirmer", a-t-il ajouté.
Le ministère a ajouté avoir fait part de ses craintes au sujet de l'otage à sa famille dès décembre 2013, n'ayant plus de preuves de vie. "Nous avions, depuis plusieurs mois, beaucoup de raisons de nous montrer pessimistes sur le sort de notre compatriote. Sa famille en avait été informée depuis décembre 2013", a indiqué le porte-parole.