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jeudi 15 mai 2014

Coup de filet antidjihadiste dans une cité de Strasbourg


Partis en décembre en Syrie, les sept jeunes arrêtés mardi, âgés de 23 à 25 ans, étaient rentrés depuis un mois.
Le juge Le Vert a fait interpeller et placer en garde à vue sept jeunes rentrés de Syrie.

Un mois de filatures, d'écoutes téléphoniques, d'espionnage électronique des mails, des SMS. Le réseau de djihadistes présumés tombé ce mardi matin à Strasbourg faisait l'objet d'une surveillance étroite des services de renseignements français
 
Partis en décembre en Syrie, les sept jeunes, âgés de 23 à 25 ans, étaient rentrés depuis un mois. «Toute la difficulté dans cette affaire consiste à trier ceux qui ont pu commettre des actes criminels de nature terroriste à l'étranger et les naïfs qui pensaient partir pour une mission humanitaire», confie-t-on dans les milieux de l'enquête. Les perquisitions n'ont pas permis de retrouver des armes ou des substances explosives à leurs domiciles.
 
Le dossier est instruit par trois magistrats de la galerie Saint-Éloi, au premier rang desquels figure la juge Laurence Le Vert. Les suspects, arrêtés par le Raid, en appui de la nouvelle Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dans le quartier strasbourgeois de la Meinau, ont été placés en garde à vue.

Comment la France détecte-t-elle ses djihadistes? Dans cette affaire, les services de renseignements turcs auraient fourni des informations décisives.

 Mais d'autres sources sont souvent sollicitées, comme les services tunisiens et, dans une moindre mesure désormais, égyptiens. Ils sont coopératifs et «souvent parfaitement informés sur les allées et venues des Français qui partent dans les zones de conflit», confie un haut fonctionnaire. La communauté européenne du renseignement travaille, par ailleurs, étroitement avec les États-Unis.

Autre source précieuse: la famille ou les proches des moudjahidins. «Mais toutes n'ont pas le réflexe ou l'envie de dénoncer un proche à peine rentré chez lui», explique un commissaire de police. Les antennes locales des services de renseignements ont, en tout cas, pour mission de «sonder» régulièrement les familles dont un ou plusieurs membres ont quitté le pays pour des zones à risque.

 Les préfets coordonnent localement ce travail de fourmi, facilité en amont par la plateforme de signalement mise en place par l'Intérieur il y a maintenant quinze jours.
«Il n'y a pas que les familles. Parfois ce sont des référents dans les mosquées qui signalent aux autorités françaises qu'un jeune ou un groupe de jeunes très assidus aux prières a subitement disparu du paysage. Ce peut-être le signe d'une radicalisation», confie un juge.

Les compagnies aériennes sont également sollicitées. «Avec cette difficulté que le terroriste en puissance peut voyager sous une fausse identité», explique un magistrat à Paris. La dernière loi de programmation militaire a renforcé le devoir d'information des opérateurs aériens qui sont tenus de diffuser en temps réel leurs listes de passagers, pour que celles-ci soient confrontées aux fichiers antiterroristes.

Depuis la loi Valls du 21 décembre 2012, la France peut incriminer les actes terroristes commis hors du territoire. Mais Louis Caprioli, ancien du contre-terrorisme, le dit: «Aucun texte ne permet d'incriminer le seul fait de s'être rendu en zone de conflit». D'où le travail de l'ombre de la DGSI sur le groupe de Strasbourg, un mois durant, pour tenter de comprendre qui a fait quoi en Syrie et au retour de Syrie.

À ce jour, 285 ressortissants français sont encore sur le territoire syrien et 120 candidats au djihad seraient en transit entre la France et la Syrie. Une centaine de combattants sont revenus, parmi lesquels figurent donc les sept de Strasbourg.

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