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jeudi 22 mai 2014

MALI. Le président malien appelle au cessez-le-feu


Les rebelles touareg continuent d'affronter l'armée malienne et affirment avoir pris six villes au Nord du pays, dont Kidal.

Des soldats maliens à l'entrée de Kidal, le 2 novembre 2013. (Rebecca Blackwell/AP/SIPA)Des soldats maliens à l'entrée de Kidal, le 2 novembre 2013. (Rebecca Blackwell/AP/SIPA)

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta "a indiqué que [sa] priorité est le dialogue". "En vertu de cela et conformément au souhait du secrétaire général des Nations unies et au nom de la communauté internationale, il a instruit un cessez-le-feu immédiat", selon un communiqué lu à la télévision publique ORTM par le porte-parole du gouvernement, le ministre Mahamane Baby.
Dans le même temps, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), rébellion touareg dont Kidal est un fief, a annoncé avoir pris mercredi, avec deux autres groupes armés, le contrôle de plusieurs villes du Nord après les affrontements leur ayant permis de se rendre maîtres de Kidal le même jour.
Cette ville avait déjà été le théâtre d'affrontements meurtriers le 17 mai, alors que le Premier ministre y était en visite officielle.

L'enjeu de Kidal

Kidal, situé à 1.500 km au nord-est de Bamako, est plus que jamais un défi pour l'Etat malien : dans ce fief du MNLA, il n'a jamais réussi à complètement reprendre pied, malgré l'offensive lancée en 2013 par l'armée française qui a permis de libérer le nord du Mali de l'emprise de groupes islamistes.
Des combats, d'abord qualifiés d'"opération de sécurisation" par l'armée malienne, ont éclaté mercredi matin, avant de tourner dans l'après-midi en défaveur de Bamako, en dépit d'appels de l'ONU à un cessez-le-feu immédiat.
Nous contrôlons actuellement toute la ville de Kidal", a déclaré Mohamed Ag Rhissa, un chef du groupe rebelle.
Mossa Ag Attaher, responsable de la communication du MNLA, a dénoncé "l'agression" lancée selon lui par l'armée malienne, désormais délogée de "l'ensemble [de ses] positions".
Une source militaire au sein de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a confirmé que "les groupes armés ont pris nettement le dessus sur les forces armées maliennes". Les camps militaires restent "sous contrôle de l'armée malienne", a-t-elle cependant précisé.

D'autres villes "prises" par le MNLA

"La situation est calme ce [mercredi] soir à Kidal. Nous avons pris plusieurs villes d'où l'armée a fui, sans combats", a dit Mossa Ag Assarid, un responsable du MNLA, en citant "Anderamboukane, Ménaka, Aguelhoc, Tessalit, Anefis".
Cette information n'avait pu être immédiatement confirmée auprès d'aucune autre source en dehors des groupes armés. Les groupes ayant livré bataille contre l'armée sont le MNLA, le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), a affirmé Moussa Ag Assarid.
Ces combats font suite à des affrontements, samedi 17 mai à Kidal, qui ont fait 36 morts dont huit militaires, selon les autorités maliennes, qui avaient annoncé dans la foulée l'envoi de 1.500 soldats sur place.
D'après l'ONU et Bamako, six responsables de l'Etat et deux civils ont également été assassinés le même jour au gouvernorat de Kidal. Le MNLA a toutefois démenti avoir combattu aux côtés des jihadistes et avoir exécuté des otages. Mardi, dans une déclaration unanime, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU avaient condamné les violences du week-end.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé mercredi "à la cessation immédiate des combats et à la mise en place d'un cessez-le-feu" à Kidal.

Des soldats français en renfort

Ce regain de tension a obligé la France à décaler de "quelques semaines" la réorganisation de son dispositif militaire au Sahel. Il a aussi amené Paris à muscler sa présence dans la région septentrionale du Mali. Une centaine de soldats français ont été envoyés en renfort dans la ville de Gao (au sud de Kidal), a annoncé mercredi l'armée française, qui a déjà envoyé une trentaine de soldats en renfort à Kidal.
Le Mali a été traumatisé et divisé par une profonde crise politico-militaire de 18 mois, dont le départ a été une offensive lancée par le MNLA en janvier 2012, qui a conduit à l'occupation du nord par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Un temps alliés aux combattants du MNLA, les islamistes les avaient ensuite supplantés.
Les jihadistes ont été chassés des grands centres urbains par l'intervention militaire internationale déclenchée en janvier 2013 à l'initiative de Paris, et toujours en cours, mais ils y demeurent actifs et y commettent régulièrement des attaques meurtrières.
Le processus de dialogue entre Bamako et les groupes armés, amorcé par un accord signé à Ouagadougou en juin 2013, est au point mort, même si chaque camp affirme régulièrement demeurer ouvert aux discussions.

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