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jeudi 3 juillet 2014

750 Américains claquemurés dans Bagdad face aux djihadistes du Califat : l’Irak face à un scénario catastrophe à la vietnamienne ?

750 Américains claquemurés dans Bagdad face aux djihadistes du Califat : l’Irak face à un scénario catastrophe à la vietnamienne ?


 
 Mardi 1er juillet, Barack Obama a annoncé l'envoi de 200 militaires à Bagdad, élevant à 750 l'effectif total militaire présent en Irak. De bien maigres effectifs alors que les milliers d'hommes de l'EIIL sont tout proches de la capitale

Atlantico : Etant donné qu'il est peu probable que Barack Obama envoie un renfort plus conséquent au sol, si ces 750 personnes venaient à affronter les djihadistes de l'EIIL, devrions-nous nous attendre à voir les Américains fuir l'Irak, comme ce fut le cas en 1975 à la fin de la guerre du Vietnam ?
 
Quentin Michaud : Depuis le début de la crise au début du mois de juin, Barack Obama n'a pas souhaité déployer à Bagdad des troupes américaines combattantes destinées à affronter directement les djihadistes au nord et à l'ouest de la capitale irakienne. Ces militaires américains, dont certains appartiendraient aux Forces Spéciales, jouent un rôle bien plus discret mais tout aussi déterminant de conseillers militaires. Le rôle de conseiller ne s'arrête pas à des recommandations pour frapper de telle ou telle manière les positions islamistes.

Ils jouent un vrai rôle d'appui opérationnel capables de leur fournir des informations très précises tirées des renseignements américains.
Les capteurs techniques (écoutes, satellites) et humains (unités spéciales au sol) peuvent avoir été sollicités, comme cela est vraisemblablement le cas, pour nourrir ce soutien apporté par les américains à l'armée irakienne. Je ne pense pas qu'un nouveau renfort soit improbable. Si les djihadistes affrontaient les soldats irakiens en périphérie de Bagdad, il faudrait certainement plus de militaires américains pour protéger les ressortissants américains et sécuriser leurs emprises vitales (ambassade, aéroport, etc). Mais certainement pas pour combattre les djihadistes.

Lors de la chute de Saïgon, les Etats-Unis ont évacué pas moins de 7000 personnes en moins de 24h. Dans le contexte irakien, en combien de temps l'armée américaine pourrait-elle fuir ? Hormis les ressortissants américains, qui d'autres évacuerait-elle ?

Cela peut aller effectivement très vite. Les américains disposent de bases aériennes dans le Golfe, notamment au Qatar, et d'autres en Allemagne avec des moyens aériens mobilisables en quelques heures à peine. Une évacuation d'urgence se ferait à la fois par les airs vers ces points terrestres et à la fois en mer où des porte-avions et des navires amphibies américains sont déployés, au sud de Bassorah.
Dans le cadre d'accords de coopération, les Etats-Unis pourraient effectivement évacuer d'autres ressortissants occidentaux. Cela peut se faire à la demande de certains pays qui ne bénéficient pas dans l'immédiat de moyens d'évacuation. Ce type de planification a déjà été faite à plusieurs reprises en Libye, où des navires américains ont été prépositionnés à plusieurs reprises en cas de remontée des groupes djihadistes de Benghazi vers Tripoli.

A l'instar de gouvernement sud-vietnamien alors que l'armée Viêt-Công entrait dans Saigon, pourrait-on imaginer le chef du gouvernement irakien capituler et laisser la ville aux mains des djihadistes ?

C'est difficilement comparable avec le cas vietnamien. A l'époque, l'armée américaine était massivement encore engagée dans des opérations de combat contre les Viet Cong, ce qui n'est pas le cas en ce moment en Irak. Mais si les djihadistes voulaient prendre Bagdad, pourquoi ne le font-ils pas ? A Falloujah, ils sont à moins de 60 kilomètres de la capitale. Il y a là une stratégie - me semble-t-il - de renforcer les arrières avant de continuer à dérouler le rouleau compresseur à l'avant. Etablir un califat, c'est une opération de communication de le dire mais cela signifie aussi à mon sens que l'EIIL est en train d'installer durablement ses positions dans le désert irakien.

Quelle serait alors la place des Etats-Unis au sein du Moyen-Orient s'ils venaient à échouer dans cette guerre ?

Les américains n'ont-ils pas déjà échoué avec la guerre initiée en 2003 qui a abouti à leur retrait du pays ? L'armée américaine ne s'est pas retirée du pays parce que la guerre était terminée, mais parce que la machine de guerre américaine était complètement essoufflée. Les multiples attentats contre les soldats américains les ont réellement traumatisé. Cette guerre a été un échec total. Aujourd'hui, l'Irak est plongé pour longtemps dans l'horreur des rivalités entre sunnites et chiites.
L'image des Etats-Unis est durablement ternie dans la région. C'est pour cela que leur rôle est aujourd'hui limité dans la résolution de cette guerre contre l'EIIL. Politiquement, un nouvel engagement militaire américain en Irak n'est pas possible pour Barack Obama qui est pris entre deux feux. S'il agissait, on lui reprocherait de repartir en guerre. S'il n'agissait pas, on lui reprocherait son inertie. Une faiblesse qui lui est régulièrement blâmée en matière de politique étrangère depuis son accession à la Maison Blanche.

Quelles conséquences diplomatiques, économiques, sociales y aurait-il sur le plan mondial si les djihadistes venaient à prendre Bagdad et à instaurer un califat ?

Ce scénario catastrophe me paraît aujourd'hui improbable. Les Etats-Unis ont fait voler la semaine dernière des drones armés au-dessus de la capitale irakienne. Des avions de chasse américains pourraient être déployés depuis un porte-avions. Même s'il est hors de question pour Barack Obama d'engager des troupes conventionnelles au sol, un soutien américain par les airs n'est pas complètement à exclure. Les autorités irakiennes ont demandé officiellement des bombardements américains, chose qu'elles n'ont pour l'instant pas obtenu.
Elles se sont vite tourné vers les russes qui ont livré plusieurs avions de chasse Su-25. L'Iran soutient également les milices chiites prêtes à combattre l'EIIL. Au milieu, une transition politique - soutenue par les Etats-Unis - est essayée pour éviter que le pouvoir central irakien ne tombe en ruine. Les prochains développements vont être déterminant sur l'évolution de cette crise.

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