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samedi 20 septembre 2014

Crash Air Algérie : les militaires français en première ligne (suite)


L'armée installe actuellement une base logistique avancée (BLA) à Gossi, au Mali, où s'est écrasé l'avion qui transportait une cinquantaine de Français.

La force française présente dans la zone sahélo-saharienne a retrouvé le site du crash du vol Air Algérie, dans lequel une cinquantaine de Français ont péri.
La force française présente dans la zone sahélo-saharienne a retrouvé le site du crash du vol Air Algérie, dans lequel une cinquantaine de Français ont péri.© ISSOUF SANOGO / AFP
     
Les militaires français sont en première ligne dans la protection du site sur lequel s'est écrasé l'avion d'Air Algérie. Un premier groupe d'une centaine d'hommes venus de la base principale de l'opération Serval (qui sera rebaptisée Barkhane le 1er août), à Gao (Mali), est arrivé au lever du jour sur le site du crash, à bord d'une trentaine de véhicules. Ils devaient être rejoints dans la journée par une centaine d'autres soldats français, ainsi que par des unités de la Minusma.
Cette arrivée des premiers soldats français se produit environ 24 heures après que les forces militaires déployées dans la région sahélo-saharienne avaient engagé les premières recherches, depuis le Tchad et le Niger. L'armée de l'air a engagé deux Mirage 2000 basés à N'Djamena, ainsi qu'un drone Harfang basé à Niamey et encore un petit avion-cargo CASA CN-235 avait commencé par survoler la zone s'étendant de part et d'autre de la route suivie par le vol AH 5017 d'Air Algérie, en insistant sur le nord du Mali. Mais sans succès.

"Nous n'écartons aucune hypothèse"

À la tombée de la nuit, pour vérifier des éléments fournis par des habitants de la région, un drone Reaper basé à Niamey a décollé à son tour et c'est lui qui a confirmé que des indices effectivement sérieux se trouvaient dans la zone. À minuit, des hélicoptères ont décollé pour se rendre sur ce lieu et ce sont les premiers militaires français posés sur place qui ont levé toute ambiguïté.
Ce que François Hollande a confirmé vendredi en fin de matinée : "Les soldats français qui sont déjà sur place ont sécurisé le lieu et ont procédé aux premières investigations. Il n'y a, hélas, aucun survivant." Dans la journée, les Français vont commencer l'installation d'une base logistique avancée (BLA) à Gossi, avec des moyens de tous ordres (sanitaires, antenne chirurgicale, installations frigorifiques, etc.) dépêchés depuis Gao. S'agissant des causes de ce crash, François Hollande a déclaré : "Il y a des hypothèses, et notamment climatiques, mais nous n'écartons aucune hypothèse."

Tir de missile exclu

En réalité, sur les quatre éventualités soulevées dès le départ, trois demeurent possibles, la quatrième étant exclue. Les trois éventualités que vont explorer très rapidement les spécialistes sont d'abord la cause météo, apparemment privilégiée, ensuite la cause accidentelle, mais on sait que l'avion étant en bon état, et enfin la cause criminelle sur laquelle personne à ce stade ne dit posséder d'éléments. Quant à la quatrième éventualité souvent évoquée jeudi, celle d'un tir de missile, elle est exclue en l'absence de nouvelles informations.
Les militaires français confirment que la "menace sol-air" n'a jamais été considérée comme sérieuse dans le cadre de l'opération Serval. Les djihadistes ne possèdent apparemment pas de missiles sol-air de fabrication russe de type MANPADS, dont la disparition a pourtant été confirmée en Libye. De toute façon, ces engins, dont la portée ne dépasse pas 3 000 mètres, ne sont pas en mesure d'atteindre un avion de ligne en altitude de croisière. Quant à des missiles lourds du type de celui qui a abattu le vol MH17 au-dessus de l'Ukraine, leur présence dans le nord du Mali est exclue.

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