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vendredi 31 octobre 2014

Histoire des Cavaliers du " Pony Express"


L’express d’autrefois n’est pas celui d’aujourd’hui. A notre époque, si par malheur un courrier postal arrive le surlendemain au lieu du lendemain de son expédition, c’est nécessairement que les fonctionnaires de la poste sont en grève. Une fois de plus…
A l’heure des Sms, chat, courriels ; communiquer rime avec instantanéité. Mais avant d’en arriver là, avant d’être devenus aussi blasés, des pigeons ont voyagé, des hommes ont détalé, des chevaux galopé, des bateaux navigué, des trains roulé, des avions volé, et les destinataires des messages ont bien dû patienter.

L’expansion démographique de la Californie à partir de 1848 avec la ruée vers l’Or*, et le rattachement de l’Eldorado aux Etats Unis d’Amérique en 1850 posent le problème de la transmission des courriers vers l’Ouest, dans un territoire dorénavant gigantesque, allant d’un océan à l’autre.
Les premiers bateaux passent par le Cap Horn et mettent jusqu’à six mois pour rejoindre la lointaine San Francisco. Les chariots tractés par des mulets empruntent les voies terrestres via Santa Fe ou Salt Lake city n’ont qu’un départ par mois et une date d’arrivée plus qu’aléatoire. Par la suite, des voiliers rapides gagnent Panama et chargent le courrier dans un chemin de fer qui traverse l’isthme, en relais d’autres navires basés sur la côte Pacifique. Il faut alors un mois pour relier New York à la Californie.
C’est encore trop pour Washington.

Trois hommes ont alors une idée de génie pour raccourcir les délais de livraison des courriers ; William Russel, Alexander Majors et William Waddell. Ils s’inspirent de « la plus grande performance physique qu’un cavalier de l'Ouest puisse avoir accomplie », selon les mots de William Lightfoot Visscher dans son Pony Express de 1908. Un canadien français, François-Xavier Aubry, a en effet réalisé l’exploit de parcourir à cheval la distance d’Independence à Santa Fe en cinq jours et demi, quand il en faut en vingt-cinq à une diligence.

L’idée est donc très simple. Puisque les lignes télégraphiques de l’Est s’arrêtent à Saint Joseph dans le Missouri, non loin d’Independence, les messages pourront y être câblés, puis recopiés sur papier léger et placés dans des sacoches de selle avant de rejoindre le Far West. La traversée se fera à cheval avec changement régulier de monture et parfois de cavalier dans des relais aménagés.
En avril 1860, les trois hommes lancent l’aventure du Pony Express, avec quatre-cents mustangs, morgans ou chevaux pies répartis dans environ cent-soixante postes espacés de huit à trente-deux kilomètres, permettant au cheval de maintenir un galop régulier jusqu’à l’étape suivante. « Toute la nation américaine est haletante à l'approche du 5 avril 1860. A Saint Joseph, sur les bords du Missouri, la foule a envahi les quais de la gare. Elle n'a d'yeux que pour un jeune homme, Johnny, qui, nerveux, ne cesse de tourner les rênes de son magnifique alezan. Dans un nuage de vapeur, le train s'arrête. Johnny s'empare du sac de courrier : trois mille kilomètres attendent le premier courrier du Pony Express ! », relate Mark Twain dans A la dure, 1872.

Les « pony-riders » sont recrutés avec le plus grand soin. Ils doivent être jeunes et légers, s’engager à se tenir pour le mieux en toutes circonstances. L’un des plus fameux « fantômes du désert » est sans conteste William Cody, plus connu sous le nom de Buffalo Bill, qui toujours coiffé d’un stetson, a contribué à créer le mythe du Far West en général et celui du Pony Express en particulier.

Une dizaine de jours seulement est nécessaire aux convoyeurs pour franchir les quelques trois-mille kilomètres du parcours de Saint-Joseph à Sacramento, chevauchant dans les prairies, galopant dans les plaines, escaladant les montagnes, bravant les déserts, et affrontant sécheresse ou tornade, enfin tous les caprices de la nature, sans oublier les attaques régulières d’indiens.

Grâce à quelques « lonesome cowboys », le pays d’un coup devient plus petit, plus humain, et les facilités d’échange sortent l’Etat de Californie de son isolement. Les trois hommes passent pour des héros même si le gouvernement ne leur a jamais prêté un centime, et qu’ils n’ont tiré aucun bénéfice de leur entreprise. Le Congrès avait fait confiance à un certain John Butterfield pour l’installation de transport de courrier et passagers passant par le Nouveau Mexique. Pourtant, en 1861 alors que les Etats du Sud se séparent de l’Union et que les routes du Sud de Butterfield deviennent inutilisables, le Congrès donne à nouveau la faveur à la Butterfield Overland Mail Company lui imposant un autre itinéraire, plus central.

Pendant qu’un projet de chemin de fer transcontinental se dessine, les travaux d’installation du télégraphe se développent en suivant la route empruntée par le Pony Express. Le 24 octobre 1861, les lignes télégraphiques de l’Est et de l’Ouest se rejoignent, sonnant le glas du système après seulement dix-huit mois d’exploitation. L’épopée fut éphémère mais tellement américaine, d’autant que Patee House, point de départ à Saint Joseph des cavaliers du Pony Express fut aussi le tombeau d’un des plus célèbres hors-la-loi américain, Jesse James, assassiné par Robert Ford en 1882.

Albane de Maigret

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