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jeudi 30 octobre 2014

Les crimes de guerre sont quotidiens en Libye

Amnesty International a publié hier un rapport pour dénoncer la violence qui règne en raison des combats entre les milices qui cherchent à s’approprier le pouvoir dans le pays.

Un combattant de Aube de la Lybie tire dans le village de Kikla, au sud-ouest de Tripoli, le 21 octobre 2014.
Un combattant de Aube de la Lybie tire dans le village de Kikla, au sud-ouest de Tripoli, le 21 octobre 2014. 
Image: AFP

Benghazi à feu et à sang
«Dans la Libye d'aujourd'hui, la loi des armes a pris racine. Groupes armés et milices sont devenus incontrôlables. Ils lancent des attaques sans discrimination dans des zones civiles et commettent des violations de grande ampleur, notamment des crimes de guerre, en toute impunité», a déclaré hier Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International dans un rapport sur la situation dans ce pays publié hier. Les milices cherchent à prendre le pouvoir dans une région ou, c’est le cas des simalistes, dans tout le pays alors que l’armée régulière n’existe pour ainsi dire plus.
Des combats meurtriers font rage notamment à Benghazi entre des forces progouvernementales et des milices rivales. «Quand on a annoncé la libération du pays, on avait pour ambition de devenir un nouveau Dubaï grâce aux revenus du pétrole. Aujourd'hui, nous craignons un scénario à la somalienne ou à l'irakienne», a déploré devant des journalistes Mohamed al-Karghali, un instituteur de 39 ans ayant participé à la rébellion de 2011.
Cette ville, qui a été le fer de lance de l’insurrection contre la dictature Muammar Kadhafi en octobre 2011, a été la plus affectée par les violences qui ont visé les services de sécurité, les journalistes, les activistes politiques ainsi que des intérêts occidentaux. La ville est aux mains de milices islamistes qui en ont chassé les forces progouvernementales en juillet dernier.
Mais les islamistes se sont montrés incapables de faire régner l’ordre. Quelque 200 personnes ont été tuées à Benghazi ces deux dernières semaines dans une nouvelle offensive lancée par des forces loyales à l'ex-général Khalifa Haftar, dans une nouvelle tentative de reconquérir la ville, selon «Jeune Afrique». Cet homme controversé avait été accusé par les autorités de transition de fomenter un coup d’Etat lorsqu'il avait lancé en mai une opération contre les islamistes.
Des miliciens islamistes occupent Tripoli
La capitale Tripoli est tombée pour sa part à la fin d’août aux mains d'une coalition de milices, à l'issue de plusieurs semaines de combats meurtriers contre les milices progouvernementales de Zentan. L'offensive menée par Fajr Libya, coalition de milices de Misrata et des islamistes, est intervenue peu avant la prise de fonction du nouveau parlement dominé par les anti-islamistes et issu des élections du 25 juin. Les combats de rue étaient sanguinaires, les miliciens tiraient sur tout ce qui bougeait. Les habitants étaient obligés de se terrer chez eux et n’osaient sortir que pour tenter de trouver de quoi manger ou des médicaments. Des résidents ont déclaré à Amnesty International que Fajr Libya avait mené des «chasses à l'homme» en frappant à toutes les portes afin de saisir des personnes en fonction de leur appartenance tribale ou de leurs affiliations politiques présumées.
D’autres milices ont par ailleurs effectué des descentes de grande ampleur dans des logements civils, pillant et détruisant des biens, et incendiant des maisons et des fermes dans la zone de Warshafana. «Les conflits régionaux, idéologiques et tribaux qui ensanglantent le pays sont pires que le règne du dictateur Kadhafi, a déclaré Salah Mahmoud Al-Akouri, un médecin de Benghazi. Un certain nombre de Libyens songent avec nostalgie à l'ancien régime malgré la haine qu'ils portent à Kadhafi.» «Cela fait trois ans que les autorités libyennes s'abstiennent de demander des comptes aux milices, ce qui a enhardi celles-ci et perpétue leur impression d'être au-dessus des lois», a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.
Tortures et enlèvements à la chaîne
Dans son rapport, Amnesty International note que la torture est monnaie courante en Libye. Un grand nombre de personnes ayant été victimes d'un enlèvement ont rapporté avoir été frappées à l'aide de tubes en plastique, de bâtons, de barres ou de câbles métalliques, avaient reçu des décharges électriques, ou avoir été suspendues dans des positions douloureuses pendant des heures et privées de nourriture et d'eau. Un chauffeur de poids lourd, enlevé par un groupe armé à Warshafana parce qu'il venait de la ville de Zawiya, a déclaré que ses ravisseurs l'ont battu à coups de barre de fer et lui ont infligé des décharges électriques avant de l'asperger de carburant et de menacer d'y mettre feu.
Le pays vit d’une manière générale dans le chaos. Les distributions d’électricité, d’eau potable et de nourriture sont régulièrement coupées et l’administration ne fonctionne plus. Une situation qui pousse les habitants à fuir leur pays. Selon des chiffres officieux, presque deux millions de Libyens s’entassent actuellement en Égypte et presque 1,5 million en Tunisie. Un grand nombre de Libyens a aussi essayé d’entrer en Italie et en Turquie en franchissant la mer sur des bateaux de fortune à la recherche de n’importe quel pays voulant bien ouvrir ses portes. Le Printemps arabe s’est donc transformé en enfer pour les Libyens, comme en Syrie.(Le Matin)

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