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BIENVENU SUR LE BLOG DE L'ASSOCIATION DES TITULAIRES DU TITRE DE LA RECONNAISSANCE DE LA NATION ET DU CIVISME ET DÉVOUEMENT SECTION SUISSE.
« Personne n'est assez fou pour préférer la guerre à la paix : dans la paix, les fils ensevelissent leur père ; dans la guerre, les pères ensevelissent leurs fils. » Hérodote



vendredi 24 avril 2015

Discours d'investiture du nouveau Président du Souvenir Français, le Contrôleur Général des Armées Serge Barcellini le 18 avril à Reims

Monsieur le Président d’honneur, Cher Gérard, 
Madame et Messieurs les membres du Bureau, 
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration, 
Mesdames et Messieurs les Délégués généraux.  
C’est avec émotion que je m’adresse à vous. 

Émotion car les discours d’investitures ne sont jamais 
facile – surtout lorsque l’on succède à un Ami, à qui vous devez beaucoup –, mon propos  sera donc 
simple.  Il sera centré autour de trois thèmes : Un Hommage, une Continuité et un Défi. 

Un Hommage 
Hommage à tous les adhérents du Souvenir Français, ces 200 000 bénévoles qui font vivre notre 
association sur le territoire national et au-delà sur l’ensemble de la planète. Ils sont le Souvenir 
Français. 
Par leur mobilisation lors des cérémonies, des collectes, des initiatives de transmission pédagogique, 
ils sauvegardent la mémoire combattante de notre nation.  
C’est vers eux que je me tourne aujourd’hui pour leur dire que le bénévolat est et restera la pierre 
angulaire de notre association alors même que les initiatives mémorielles –La gestion des Musées, 
les animations touristiques, les rencontres avec les scolaires – sont de plus en plus fréquemment 
animées par des « salariés de la Mémoire ». Notre association est et restera un grand creuset du 
bénévolat. 
C’est aussi vers eux que je me tourne pour réaffirmer la passion du collectif qui nous anime. Alors 
que l’individualisme est partout à l’œuvre, alors que les associations qui fédèrent les bonnes volontés 
pour créer du vivre ensemble sont moins nombreuses, les adhérents du Souvenir Français sont eux 
les porteurs d’une philosophie du collectif. 
Hommage à eux mais hommage aussi à vous, les Délégués généraux, ainsi qu’aux membres du 
Conseil d’administration, sans  qui rien ne serait possible. 
L’action de notre association passe quotidiennement par vous, par votre mobilisation et par votre 
passion. 
A travers vous, le premier message que je souhaite adresser est celui de mon engagement personnel 
auprès de tous les adhérents de notre association. Je serais à vos côtés. 

Une Continuité 
Gérard Delbauffe quitte la présidence de notre association. Une présidence exceptionnelle qui fera 
date dans notre histoire associative. 8 années au service des autres, 8 années d’engagement, 8 
années de refondation : c’est dans sa continuité que je place ma présidence. 
- Continuité dans la refondation des missions. Le Souvenir Français est confronté à une forte 
évolution de la gestion des tombes des Morts pour la France marquée à la fois par une 
restructuration des services gestionnaires de l’Etat et par un abandon de nombreuses 
tombes familiales. Une politique a été définie, elle sera poursuivie. Parallèlement, le Souvenir 
Français est confronté à l’entrée en déshérence de nombreuses stèles, monuments et 
plaques en raison de la disparition des associations qui en ont été les créateurs. Une 
politique est amorcée, elle sera approfondie. De plus, le Souvenir Français est confronté à la 
montée d’un calendrier commémoratif mal maitrisé – à l’échelon national – 14 journées 
nationales existent désormais – comme à l’échelon local. Nous poursuivrons la réflexion 
amorcée sur ce calendrier. Enfin, le travail réalisé en direction des scolaires sera poursuivi car 
il est notre réponse à la nécessité  de donner un socle mémoriel à la jeunesse de France - 
Continuité dans les partenariats. Les 8 années de présidence de Gérard Delbauffe ont été 
marquées par la création d’un dense réseau partenarial avec les fédérations et associations 
d’Anciens Combattants, avec les associations d’anciens militaires, avec l’Education Nationale, 
avec les associations d’élus. Ce réseau partenarial existait à l’échelon départemental. Il était 
moins visible à l’échelon national. Il l’est devenu. Ces rencontres, ces signatures de 
conventions seront poursuivies. - Continuité enfin dans les moyens et leurs mises en œuvre. 
J’hérite d’une exceptionnelle situation financière ! 
Ces dernières années sont marquées par une progression de la collecte, 
par une progression des adhésions, par une progression des legs. Grâce à cette bonne santé 
financière, la Direction du Souvenir Français a entrepris une refondation du siège et un fort 
renouvellement des outils de communication. 
 Je tiens ici à rendre hommage au travail de notre Directeur général Michel Hadj qui se dévoue 
sans compter pour que vive notre grande association.  
Cette refondation a également été conduite dans les organes de gouvernance. Le Conseil 
d’administration est rajeuni, s’est féminisé, s’est ouvert plus fortement à la société civile. 
Ma présidence s’inscrira pleinement dans la continuité de cette refondation. 

Un Défi  
L’ambition d’un Président d’une grande association, c’est sa capacité à adapter cette 
association aux défis du Temps présent. Pour notre association, ces défis sont nombreux, 
vous les connaissez et vous les subissez souvent. J’en retiendrai quatre essentiels :  
Le défi conceptuel 
Derrière cette expression, se cache la réalité vive de notre identité.  
Le Souvenir Français a été créé en 1887. Cette date n’est pas neutre. Cette année-là en effet, 
était publié le discours fondateur prononcé par Ernest Renan à la Sorbonne en 1882, « Qu’est-ce 
qu’une Nation ? ». 
« Une Nation est une âme, un principe spirituel » -  l’une est dans le passé « C’est la 
possession en commun d’un riche legs de souvenir » - l’autre dans le présent «  le désir de vivre 
ensemble, la contrainte de faire valoir l’héritage qu’on a rendu indivis ! ». 
Ernest Renan développe tout au long de cette conférence ce concept, en rappelant que le 
Souvenir est d’abord glorieux, «  de la véritable gloire » et héroïque, «  des grands hommes ». 
Il impose l’idée du deuil comme base des politiques mémorielles, «  la souffrance en 
commun, unit plus que la joie, les deuils valent mieux que les triomphes car ils commandent l’effort 
en commun ». 
Ce concept porte en lui-même son versant négatif, «  l’essence d’une nation est que tous les 
individus aient beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oublié bien des choses ». 
En sauvegardant les tombes des Morts pour la France et en commémorant les pages de la 
mémoire glorieuse, le Souvenir Français s’inscrit pleinement dans cette orientation mémorielle. 
Et c’est à partir d’elle qu’il participe à la transmission d’une connaissance historique aux 
jeunes français.  
 Le défi démographique 
Le Souvenir Français est né, et s’est développé en harmonie avec les acteurs de la mémoire 
combattante. Dès sa création, le Souvenir Français  accueillait en son sein de nombreux « vétérans » 
(car c’était le nom qu’on leur donnait alors) de la guerre de 1870. En 1918, il a fait de même en 
accueillant de nombreux anciens poilus et ainsi de suite au lendemain de la Seconde Guerre 
mondiale et des guerres d’Indochine et d’Algérie. 
Le Souvenir Français n’est pas une association d’Anciens combattants mais il est une 
association qui est en harmonie avec les Anciens combattants. 
Or, la démographie est en train de faire son œuvre. Les Anciens combattants sont moins 
nombreux – Ceux de la Grande Guerre ont disparu, ceux de la Seconde Guerre mondiale qui avaient 
20 ans en 1945 ont aujourd’hui 90 ans, ceux de Diên Biên Phu ont dépassé 80 ans et ceux des Djebels 
approchent les 75 ans. 
Cette évolution démographique  a des conséquences tant pour la politique mémorielle que 
pour notre association. Pour la politique mémorielle, nous assistons à la disparition progressive des 
associations d’Anciens combattants qui ont structuré et animé la politique commémorative de la 
France.  
Cette disparition n’est pas une banalité, car le monde combattant a joué et joue encore un 
rôle central dans la sauvegarde du  vivre ensemble de notre nation. 
Parallèlement, cette disparition se combine à la monté en puissance des « salariés de la 
mémoire » que j’ai déjà évoqué. Cette évolution inexorable constitue pour nous un défi. 
Le Souvenir Français doit s’adapter à cette évolution démographique. Il le fait en accueillant 
les OPEX, il le fait et il le fera encore plus en s’ouvrant pleinement à la société civile dans sa diversité.  
 Le défi militaire  
Le Souvenir Français n’est pas une association militaire. Mais il est une association qui côtoie  le 
monde militaire et qui accueille de nombreux anciens militaires. 
En 1900, l’Almanach du Drapeau, une revue militaire décrivait le Souvenir Français comme une 
« association patriotique, toute d’émouvante piété ». 
La date de la création du Souvenir Français n’est pas très éloignée de la grande cérémonie organisée 
à l’hippodrome de Longchamp le 14 juillet 1880. Ce jour-là, l’armée républicaine recevait ses 
emblèmes – geste que refera le 2 avril 1945  le Général de Gaulle, il y a tout juste 70 ans. 
Or, depuis deux décennies, l’armée française connait une formidable refondation – marquée par la 
fin de la conscription, par la restructuration territoriale, par l’engagement sur les territoires 
extérieurs. Cette refondation va se poursuivre. Le ministère de la Défense vient d’annoncer la 
création d’associations de militaires d’actives.  
Ces associations vont se mettre en place dans les prochains mois et prochaines années. Cela aura des 
conséquences pour le Souvenir Français qui devra savoir relever ce défi et aménager des passerelles. 
 Le défi de la sauvegarde de la mémoire française à l’étranger 
La France a une mémoire longue et une mémoire partagée. Sur les 197 pays aujourd’hui reconnus 
par l’ONU, la quasi-totalité ont une histoire partagée avec la France et 80% de ces nations ont sur 
leur sol une stèle, un cimetière ou un monument qui porte la matérialisation de la mémoire 
combattante française. 
Pendant des décennies, ces sites ont été sauvegardés par les services consulaires, par l’armée 
française, par les associations d’Anciens combattants français et par le Souvenir Français. Or, le 
réseau consulaire français est moins nombreux  et son rôle évolue – les missions économiques sont 
de plus en plus importants –, les réseaux militaires évoluent également – les OPEX succèdent aux 
garnisons, et les associations d’Anciens combattants, là comme ailleurs sont en déclin. 
Il revient au Souvenir Français de relever ce défi car sauvegarder la mémoire française, toute la 
mémoire française, de par le monde est pour nous une mission centrale.  
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration, 
Mesdames et Messieurs les Délégués généraux, 
Nous avons derrière nous une grande et belle Histoire, nous avons devant nous de grands défis, nous 
saurons les relever, pour que le Souvenir Français, dans la continuité, soit la grande association 
mémorielle du XXIème siècle dont la France a besoin.

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