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samedi 6 juin 2015

Trois corps de poilus découverts dans le chantier du Mémorial de Verdun


Trois nouveaux corps de poilus ont été découverts dans le chantier du Mémorial de Verdun. L’un d’eux a pu être identifié.

Lequel des trois est Claude Fournier, sergent au 134e RI ? Nul ne le saura sans doute jamais. Mardi en début d’après-midi Bruno Frémont médecin légiste à Verdun avait rassemblé les ossements sur de grands draps blancs. Des ossements retrouvés vers 8 h 30 du matin par le conducteur d’une pelleteuse de la société Eurovia qui effectue des travaux sur le site du Mémorial de Verdun à Fleury-devant-Douaumont. Une fosse était en cours de creusement pour y placer une cuve de récupération des eaux de pluie. La procédure en la matière s’est mise en place : le maître d’ouvrage a été informé ainsi que le maire, le procureur de la République, la gendarmerie et le médecin légiste qui devait dire si les restes humains découverts étaient bien compatibles avec la période 14-18. Pas de doute à ce sujet.
Le service des sépultures militaires est arrivé sur place et a procédé au dégagement de ces ossements. En tout trois corps ont été extraits de la glaise collante ainsi qu’une foule de matériels.

Cierges et fiole d’alcool de menthe

« Nous sommes en présence de trois poilus avec divers objets », confie Bruno Frémont revêtu de sa blouse verte.
Ce n’est que quelques instants plus tard qu’un ouvrier du chantier retrouve fortuitement, dans une motte de glaise qui se trouvait près des corps, une plaque d’identification. On peut y lire : « Claude Fournier-1900-Mâcon ». L’homme était sergent et était né le 27 décembre 1880 à Colombier-en-Brionnais en Saône-et-Loire à une cinquantaine de kilomètres de Mâcon. Donc de la classe 1900.
Sa fiche de « Mort pour la France » nous donne aussi sa date et son lieu de décès : 4 août 1916 devant Douaumont dans la Meuse. Tué à l’ennemi. Il ne s’agit donc pas d’un mort tombé sur le terrain et enseveli par un bombardement. L’homme de 35 ans est mort, a été répertorié et puis, le déluge de fer et de feu étant intense, on n’a pu l’inhumer. Attendant sans doute pour cela une accalmie.
Le 4 août 1916, en effet, le village déjà en ruine et qui sera déclaré « Mort pour la France », subit depuis fin juillet des combats acharnés.
Autour des trois corps, des objets sont retrouvés : trois paires de chaussures, des baïonnettes, des boutons, fourchettes, cuillères, mais aussi des cartouchières pleines de balles de Lebel, des ceinturons, une pipe, des morceaux de tissus, des crayons et même des morceaux de carnets dont on pourrait presque encore tourner les pages…
Des objets « qui pourraient rejoindre les collections du Mémorial. C’est dans son jus au niveau de l’émotion », estime Thierry Hubscher, le directeur du lieu.
Plus étonnant encore, une paire de bésicles aux verres fumés est extraite de la terre ainsi que des bougies qui ressemble fort à des cierges consumés. A-t-on entouré les corps de bougies pour une cérémonie interrompue par le feu ? Peut-être. Autre objet exceptionnel : une fiole d’alcool de menthe de la marque Ricqulès. « C’est une pièce extraordinaire », commente Bruno Frémont. En effet, cette fiole de verre est encore remplie à moitié d’un liquide incolore qui sent toujours très fort la menthe… 100 ans après. Intact.

Frédéric PLANCAR

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